de Enki Bilal et Enki Bilal
aux éditions Les Humanoïdes Associés
Scénariste :
Enki Bilal
Dessinateur :
Enki Bilal
Couleurs :
Enki Bilal
Date de parution : février 2003
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 178
Titre en vo : 1
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Culte…
S’il
est bien une BD emblématique de cette fin des années 80, c’est à
coup sûr cette Trilogie Nikopol. Une fois encore, Bilal, fait exploser
les carcans traditionnels du genre, pour s’aventurer vers des domaines qui le
fascinent. Pour sa première œuvre en tant que scénariste, il
choisit un univers très référencé SF, extrapolation
futuriste de cette vision de l’intelligentsia soviétique qu’il avait mise
en scène avec Pierre Christin dans Partie
de chasse.
Une bien étrange pyramide
Paris 2023. Suite à une avarie de son module de survie, Alcide Nikopol,
condamné en 1993 à la relégation en orbite, fait un retour
très remarqué dans un Paris de cauchemar. Tout entier aux mains
du despote Ferdinand Choublanc, le micro-état qu’est devenue la ville lumière
est pour l’heure la proie d’une toute autre agitation, elle aussi venue de l’espace.
Une immense pyramide en vol stationnaire, soulève bien des interrogations
dans les différents quartiers de la cité.
Seul l’inique
Choublanc et bientôt le malheureux Nikopol vont avoir avec les dieux égyptiens
qui vivent à bord de la nef, bien plus de contacts qu’ils n’en auraient
sans doute souhaités. Si, marchander en direct avec Anubis apporte au démagogue
l’espoir de l’immortalité, Nikopol se voit contraint de partager son corps
avec la conscience d’un Horus en rupture de banc, bien décidé à
se venger de ses anciens partenaires de panthéon. De cette première
intrigue va découler toute la suite de cette chronique, déclinée
sur trois albums.
Un must, un bijou
D’une technique
époustouflante de maîtrise Bilal s’essaye avec bonheur, et parfois
dans une seule et même page, au mariage de différents procédés
picturaux : insertion de photos ou de fausses coupures de presse, passage au noir
et blanc, découpage quasi-cinématographique. On sent très
nettement, qu’il est désormais à l’étroit dans les cadres
traditionnels de la bande dessinée. Il disloque à plaisir les procédés
narratifs, afin d’exposer par petites touches cet univers fouillé, fait
de despotisme post soviétique, de libéralisme forcené et
de détestable ploutocratie. Et c’est finalement, ce mélange improbable,
qui rend cette trilogie indissociable des soubresauts de l’histoire qui plongèrent
la dernière décennie du XXème siècle dans une violente
crise d’identité. Miroir de son époque, parce que fourre-tout d’un
siècle entier changements, La Trilogie Nikopol, reste une œuvre
maîtresse. Par delà sa qualité intrinsèque, elle témoigne
d’une époque, pas si lointaine, mais sublimée par la magie de l’imaginaire
sombre d’Enki Bilal. Un must, un bijou à lire et relire sans fin.







