La Tour sombre : Le Pistolero
de Stephen King
aux éditions J’ai lu
Genre : Fantastique

Auteurs : Stephen King
Illustrations : Michaël Whean
Traduction : Marie de Prémonville
Date de parution : juillet 2017 Réédition
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 384
Titre en vo : The Gunslinger
Parution en vo : juin 1982
Première parution : janvier 1991


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Un maître de l’horreur

 

Présenter Stephen King relève de la gageure ou de la course aux superlatifs. L’homme a accumulé les succès et a bénéficié très tôt d’adaptations cinématographiques avec des metteurs en scène prestigieux : Brian de Palma pour Carrie, le génial Kubrick pour Shining (même si King déteste le résultat final). Dans les années 1980, il s’est définitivement imposé comme un talent majeur grâce à Ça, Simetierre, Christine (adapté par Carpenter en 1983) ou La Part des ténèbres. Il a depuis continué de tracer son sillon, le public étant toujours au rendez-vous. Le Pistolero appartient à un cycle, celui de La Tour sombre, assez particulier dans l’œuvre de Stephen King, s’inspirant à la fois du western et de la quête épique. L’adaptation au cinéma sortie l’année dernière avec Matthew McConaughey et Idris Elba a amené logiquement J’ai lu à rééditer Le Pistolero : une occasion de se repencher sur le premier tome d’une œuvre majeure, selon ses fans, de Stephen King.

 

Roland à la recherche de l’homme noir

 

Le Pistolero rassemble cinq nouvelles racontant l’histoire de Roland de Gilead, un « loner » à la recherche de sa Némésis, l’homme noir. Dans la première, il raconte un peu de sa vie à un dénommé Brown et dévoile qu’il est le responsable du massacre de toute une ville où l’homme noir était passé, ressuscitant au passage un homme. Dans « Le relais », il rencontre un jeune garçon, Jake, doté du pouvoir du Shining, auquel il s’attache. Dans les suivantes, il dévoile son histoire à Jake, son initiation au métier des armes par Cort. On comprend que le monde dans lequel ils évoluent est parallèle au nôtre. Le volume culmine dans un dialogue frontal entre le Pistolero et l’homme noir, où celui-ci lui fait entrevoir sa destinée et le mystère de la Tour sombre… Quant aux « Petites sœurs d’Elurie », il s’agit d’une histoire se situant avant Le Pistolero, ce dernier y affrontant des sœurs qui versent dans le vampirisme. 

 

Une œuvre singulière et de premier ordre 

 

Contrairement aux autres volumes de la saga, il s’agit donc ici d’un recueil de nouvelles, retraduit au début des années 2000, à partir d’une version révisée et augmentée par Stephen King. Le Pistolero exerce une séduction intense sur le lecteur. D’abord en raison du personnage de Roland très inspiré, de l’aveu même de King, de celui de Clint Eastwood dans Le Bon, la brute et le truand. Roland est dur, dévoré par sa quête et par le passé. Il est pourtant très humain face au petit Jake. L’histoire puise donc à différents genres, se déroule dans un monde hanté, où résonne souvent le « Hey Jude » des Beatles (King a bon goût). Dès la première phrase, la magie opère : 

 

« L’homme en noir fuyait à travers le désert, et le pistolero le poursuivait. » 

 

Et ce même s’il s’agit d’une relecture. Sans avoir vu le film, sans doute un produit hollywoodien sans saveur, il faut relire Le Pistolero. Sans contestations possibles, Stephen King y apporte une preuve de plus de son talent d’écrivain.

 

Sylvain Bonnet