de Pierre Quentin et Emmanuel Civiello
aux éditions Albin Michel
Auteurs :
Pierre Quentin
Dessinateur :
Emmanuel Civiello
Date de parution : novembre 2004
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 92
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
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Un secret de Polichinelfe
« D’abord savoir que les Elfes ne sont pas des produits de
l’imagination humaine - pas plus que les Humains ne sont des produits
de l’imagination elfique »… Voilà le premier
commandement ou la profession de foi qui ouvre cet album. Suivent cinq chapitres
qui prétendent vous enseigner tout ce que vous avez voulu savoir sur
les elfes sans jamais oser le demander… ou sans trouver d’initié habilité à vous
répondre… Ce découpage en sections est la seule tentative
d’organisation du livre car ensuite les diverses entrées ( de « Les
Elfes appartiennent à l’espèce des Elémentaux » à « Devenir
un elfe » en passant par « Comment se protéger
d’une copulation indésirable avec les elfes ») ne semblent
pas obéir à une hiérarchisation logique. Plus qu’à faire
le tour de la question, cet ouvrage incite à glaner des informations
de ci de là…
Maelström d’images
Les croquis en surnombre nuisent à l’équilibre
et parfois même à la lisibilité du texte. A tel point que
l’œil
fatigué de cette surcharge apprécie d’autant plus les illustrations
pleine page souvent raffinées, reposantes toujours. La reliure du livre
ne valorise pas les doubles pages d’illustrations car la partie centrale
disparaît dans la pliure.
Dès la couverture, cette tendance à la
surenchère se
manifeste puisque l’élégance d’un fond ocre nuance
feuille d’automne, dans la lignée du Livre des fées
séchées ou d’A la recherche de Féérie est
gâchée par un cadre doré entouré d’un cadre
celtico-celtisant sur lequel est assis un elfe fessu et mal proportionné.
Dommage…
Brian Found est cité à la fin de la bibliographie,
il semble dans ce livre que Civellio ait du mal à s’éloigner
de cette influence. Mais sa palette de couleurs est un enchantement qui culmine
dans les teintes irisées avec un rendu époustouflant de l’insaisissable
et du diaphane. Certaines postures ou mimiques sont aussi impressionnantes
et inédites, on ne trouve pourtant pas la liberté d’interprétation
dont Civiello a fait preuve dans ses séries La Graine de folie ou Korrigans.
Côté texte,
on ne peut pas adhérer à la présentation
du service de presse qui l’annonce comme « une synthèse
de tout ce qui a été écrit sur le peuple magique des Elfes
depuis que les Humains s’intéressent à eux ».
Comment expliquer dès lors que la bibliographie se limite à 23
lignes quand celle dressée par Pierre Dubois dans La Grande
Encyclopédie des Elfes (totalement ignorée par Katherine
Quenot) court sur 4 pages divisées chacune en 3 colonnes ?
Si
ce livre contient des approches éclectiques et des portraits très
variés du peuple elfique, il prouve par ses limites que certains de
leurs mystères échapperont toujours aux Humains ou se donneront à voir
dans des reflets, des branchages ou des mouvements aériens plutôt
que dans les pages figées et imprimées d’un ouvrage.







