de Crisse et Jacky Goupil
aux éditions Vents d’Ouest
Scénariste :
Jacky Goupil
Dessinateur :
Crisse
Couleurs :
Anyk
Date de parution : avril 1997
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
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Zorya du crépuscule
Deux
ans après que des certains Loisel et Le Tendre ont achevé La
Quête de l’oiseau du temps, une nouvelle paire d’auteurs s’attaquait
à ce qui allait devenir un autre monument de la BD de fantasy française :
L’Epée de cristal. Largement influencés par leurs aînés,
Crisse et Goupil n’en sont réciproquement qu’à leurs débuts
en 1989. Crisse n’a pas encore tracé les univers de Kookaburra,
de Perdita Queen ou d’Atalante. Ses premières
séries : Ocean’s Kings ou Nahomi, n’ont
pas connu un succès retentissant, et le ’style’ Crisse n’existe à
vrai dire pas encore. De son côté, Goupil, même s’il est tombé
dans la marmite de la BD étant petit, a surtout été acteur
en tant qu’éditeur avant de s’accoquiner avec Crisse chez Vents d’Ouest.
Mais les deux larrons ont plusieurs points communs et l’un est d’importance : tout
deux montrent un goût très affirmé pour la plastique féminine,
et c’est sans surprise que leur premier cycle de fantasy narre les histoires de
la sublime Zorya. A l’occasion de la sortie du deuxième cycle de L’Epée
de cristal, ActuSF vous propose de vous rafraîchir la mémoire
en humant à nouveau Le Parfum des Grinches...
"Les
cinq maîtres des sens sont au pays de la corne céleste"
Au
fin fond de la forêt des Gréoux, L’Aneith se meurt. La gardienne
du Pentacle depuis sept siècles voit ses forces l’abandonner et avec elles
les chances de repousser le Néant : tant qu’elle était valide, la
gardienne à la peau d’ébène pouvait assurer que la gestalt
des cinq sens ne tombe entre ses mains. A Zorya de réunir les maîtres
des cinq sens afin de regénérer les pouvoirs du pentacle, et ainsi
devenir la digne héritière de la gardienne de la gestalt. Seul le
vieux Brisbane sait où trouver les maîtres des cinq sens. Moha et
Mokla, les deux holguins, escorteront donc Zorya jusqu’à lui. De là,
elle partira à la recherche du maître de l’odorat.
Mais
le Néant est déjà sur sa trace : en brandissant Béryl,
l’épée qui faillit causer sa chute des éons plus tôt,
Zorya a attiré sur elle son attention toute neuve. Et le Néant sait
bien s’entourer : les redoutables Grinches qui vivent dans la contrée du
maître de l’odorat risquent bien d’entraver la chemin de la belle guerrière...
"...Afin
que disparaisse la gestalt du pentacle"
Dans
ce premier tome de L’Epée de Cristal, Goupil et Crisse
sculptent les pièces d’échec plutôt qu’ils ne jouent la partie.
On découvre ainsi Zorya, beauté crépusculaire, et héroïne
en devenir dont le charme n’a d’égal que la finesse de sa lame. On découvre
également ses compagnons d’arme : les holguins, Brisbane et Téome,
maintenus par magie à l’âge d’un jouvenceau. Les méchants
ne sont pas en reste : dans un palais dont la géométrie est héritée
des gravures d’Escher, le Néant et sa cour d’Anthonomes attendent leur
heure. Argas, héraut du Néant, se charge des basses besognes avec
plus ou moins de bonheur. Bref, la découverte est au rendez-vous. Découverte
d’un monde également, et à tous ces égards, ce premier tome
fleure vraiment bon La Quête de l’oiseau du temps : une
sorcière maternelle, une quête à accomplir par une jouvencelle
aux rondeurs évocatrices, un vieux briscard en guise de précepteur,
et une escorte aux airs lubriques... Bref, on attend un peu de nouveau.
La
plus grande différence entre cette série et sa vénérable
aînée, tient apparemment au graphisme. Dans L’Epée
de cristal, Crisse s’est essayé à beaucoup de choses, développant
sa technique au fil des planches. Ainsi, la silhouette de Zorya est-elle parfois
un peu caricaturale dans ce premier tome, avec un "cul carré".
Mais de façon générale, on voit émerger cette rondeur
et cette fluidité de trait qui feront de Crisse un des dessinateurs les
plus respectés (et les plus copiés) de sa génération.
Ne mentons pas : Le Parfum des Grinches est déjà
un plaisir pour les yeux, mariant les créatures les plus somptueusement
hideuses aux roses les plus délicates. Petit reproche (encore) : les couleurs
sont parfois un peu pâlichonnes, tandis que les encrages sont localement
très sombres, de sorte que certaines cases paraissent peu lisibles.
Je
me rends compte à la lecture de cette chronique que j’ai été
particulièrement dur avec ce volume. Sans doute parce que je craignais
initialement que mon amour absolu pour cette série ne transpire trop entre
les lignes. Bien sûr Le Parfum des Grinches n’est pas exempt
de reproches, mais il regorge de trouvailles, possède un découpage
et une mise en scène dignes des plus grands, et est pétri d’idées
en devenir... Une affaire à suivre bien entendu.







