Prix ActuSF de l’Uchronie : Jo Walton

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Genre : Interview
Sous-genres :
  • Uchronie

Date de parution : 0000 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
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Petite interview avec la lauréate 2017 du prix ActuSF de l’Uchronie, j’ai nommé Jo Walton pour son émouvant dernier roman en date.Vous pouvez également consulter un premier entretien sur ce lien

Vous venez de recevoir le Prix Actus de l’Uchronie 2017. Dans Mes vrais enfants (Editions Denoël - Lunes d’encre), c’est une uchronie sur l’Union européenne. C’est assez rare. Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de le faire ? L’actualité politique ?

 Avec Mes Vrais Enfants je voulais raconter deux histoires alternatives parallèles de la deuxième moitié du vingtième siècle, vues au travers du prisme d’une seule femme. Je me suis donc assise et j’ai réfléchi aux événements majeurs des années 1950-2000 et je les ai rendus plus prégnants dans un monde et moins dans l’autre. Bien évidemment, quand les dénouements divergent, tout change, mais c’est comme ça que j’ai commencé. Par exemple, en 1957, Suez, devient dans un monde mini-Suez, et dans un autre macro-Suez. Et il me semblait évident que le macro-Suez ferait du Royaume-Uni un signataire du Traité de Rome. Et une fois que j’avais trouvé cette idée, j’ai trouvé intéressant d’imaginer ce qui adviendrait de l’Europe avec un Royaume-Uni aussi intégré dès le début. Ça n’avait rien à voir avec le Brexit – J’ai écrit le livre en 2013 et le Brexit m’est apparu comme un choc en 2016, je n’aurais jamais pu imaginer que la majorité des votants du Royaume-Uni s’avérerait aussi xénophobe et mesquine.

Vous utilisez souvent l’uchronie dans vos textes. Pourquoi ? Qu’est-ce qui vous attire autant dans ce genre ?

J’adore l’Histoire, mais je n’arrive pas à la lire sans me demander ce qu’il se serait passé si les choses s’étaient déroulées différemment, et sans imaginer les conséquences de ces différences. J’adore donc l’uchronie et je ne peux pas m’empêcher d’en imaginer. Parfois, j’en fais de la fiction. Je pense que les gens ont tendance à voir l’histoire comme quelque chose d’immuable et d’inévitable, et qu’ils oublient que les gens de l’époque ne savaient rien de leur futur, tout comme nous maintenant. Écrire de l’uchronie me permet de faire ce genre de choses et de montrer que les choses n’étaient pas destinées à se terminer d’une certaine façon. Et c’est toujours le cas – nous pouvons changer le cours des événements. Le futur se construit sur les décisions de beaucoup de gens.

Quels sont vos prochains projets ? Une nouvelle uchronie ?

Oui, c’est ça ! Je viens tout juste de terminer un roman sur Savonarole qui contient beaucoup de versions différentes de l’histoire de Florence entre 1492-1498. Je l’ai appelé “Lent”. Je voulais faire un jeu de mot dans le titre anglais entre « prêté » et la période du « Carême », tous traduit par lent en anglais.

Petite interview avec la lauréate 2017 du prix ActuSF de l’Uchronie, j’ai nommé Jo Walton pour son émouvant dernier roman en date.Vous pouvez également consulter un premier entretien sur ce lien.

 

Jean-Laurent Del Socorro