Rouge Gueule de Bois
de Léo Henry
aux éditions La Volte
Genre : SF
Sous-genres :
  • Road Trip

Auteurs : Léo Henry
Couverture : Stéphane Perger
Date de parution : mars 2011 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 333
Titre en vo :

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"Deux braves types dans une décapotable rouge feu, défoncés, déchirés, raides... de braves gens."

Fan de jeux de rôles, Léo Henry a commencé sa carrière littéraire en collaborant sur divers suppléments, scénarios, et sur la quatrième édition du mythique JDR In Nomine Satanis / Magna Veritas. Nouvelliste et scénariste de bandes dessinées, en 2003, il publie son premier recueil de nouvelles sous le titre Les Cahiers du labyrinthe. Il a reçu en 2010 le Grand Prix de l’Imaginaire pour le texte Les trois livres qu’Absalon Nathan n’écrira jamais paru dans l’anthologie Retour sur l’horizon.
Rouge Gueule de Bois est son premier roman.
 
Quand Las Vegas Parano rencontre Fatser, pussycat ! Kill ! Kill !
 
Fredric Brown, écrivain de science-fiction, souffre du syndrome de la page blanche et d’un cerveau flottant sur des flots mixologistes. Alors dans l’impasse avec son prochain livre « Brother Monster », il fait la rencontre d’un réalisateur de film, Roger Vadim, lui-même à la recherche de sa femme.
De trinques en conversations de comptoir, les deux amis d’un soir se mettent à établir un plan du crime parfait, poussant Fredric Brown à le mettre en œuvre pour tuer sa femme, en pleine écriture autobiographique. Mais alors que tout a été peaufiné sur les routes du Mexique, rien ne se passe comme prévu lorsque Brown est de retour chez lui. L’écrivain n’a alors aucune idée que sa propre vie va prendre une tournure étrange, le conduisant dans un road trip fantaisiste vers une fin du monde grisée.
 
Un road trip nébuleux, frappé de spiritueux et de poudre à canon
 
Rouge Gueule de Bois est comme un verre d’absinthe : abrasif et capiteux, qui vous réveille la gorge sèche et vos souvenirs vacants. Le début du roman, démarrant sur les chapeaux de roue, nous donne le ton de ce qui précédera. Ici pas de perte de temps.
Le lecteur peut d’ailleurs, au premier abord, se perdre entre les lignes, qui s’enchaînent tels des shots au mètre. Car Léo Henry livre ce tumulte scénaristique avec un style plein d’exagérations, de tournures de phrases parfois assommantes. L’écriture de l’auteur, digne d’un Maitre Capello enivré, peut lasser le lecteur dès le premier chapitre.
Toutefois, le roman accroche et si il laisse un avis mitigé tout du long, on se surprend à vouloir en connaître le dénouement. Sans s’en rendre compte, on s’attache à ses personnages un rien pathétiques, on entre dans cette histoire extravagante, comme pris au piège. La curiosité quant au dénouement pousse à terminer le livre.
Grand bien nous fasse. Une fois la dernière page tournée, nos doutes s’effacent. D’un coup de baguette magique, l’auteur donne un sens aux aberrations qu’il décrit et on s’étonne à vouloir replonger entre ses lignes.
 
Mais qui sont les protagonistes ?
 
Le rythme insensé du roman, où se mêle le kitsch et des héroïnes de série Z, n’est qu’un des intérêts du livre.
Mettant en scène des personnes ayant existé, Léo Henry intègre jusque dans son pandémonium, leur propre création. Réciproquement, Fredric Brown et Roger Vadim, étaient écrivain et cinéaste. Brown travaillait sur un scénario pour Vadim qui ne vit jamais le jour. L’auteur s’inspire ici de cette rencontre entre ces deux protagonistes, mélangeant un soupçon de leur vie dans sa fantaisie mémoriale. Un hommage hors du commun qui promène un lecteur captif d’un songe burlesque. 
 
Rouge Gueule de Bois est un brassage voluptueux, au goût riche et insolite d’une jeune SF Française. À savourer, oui, mais avec modération ! 

Elodie