de Nicolas Guénet et Renéaume
aux éditions Soleil
Sous-genres :
- Post apocalyptique
Scénariste :
Téhy
Dessinateur :
Nicolas Guénet
Couleurs :
Nicolas Guénet
Date de parution : janvier 2001
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 66
Titre en vo : 1
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Une BD époustouflante !!!
Derrière
YIU se cache une tête pensante. Téhy a ce projet de scénario
depuis 1994, mais après une première tentative parue aux éditions Le Téméraire,
c’est finalement avec Soleil qu’il signe pour la suite de sa saga. Evidemment,
il n’est pas tout seul à y travailler. Il collabore avec une petite dizaine de
personnes aussi bien sur le plan scénaristique que graphique. Pour ce qui est
du scénario, il s’occupe principalement du fil conducteur, des personnages et
de la castagne. Pour le reste, la société, l’univers dans lequel évolue YIU, le
contexte historique ou encore la présence de la technologie et de la religion,
c’est J.M. Vee qui s’en charge. Ils se répartissent ainsi les tâches et c’est
sûrement ce qui donne autant de crédibilité à cet univers. Tout y est travaillé
à fond. Côté dessin, même si Téhy esquisse les premiers jets, c’est Guénet qui
s’y colle, pour la peinture, aidé de Renéaume pour le graphisme.
Derrière
la carapace, un cœur bat
Apres avoir tué Shu-Fat, le frère aîné du
Bouddha vivant, Yiu se remet tant bien que mal de toutes ses blessures. Elle décide
d’aller voir Ji-A, son petit frère atteint d’une maladie dégénérescente qui attend
une greffe de neuf organes totalement sains pour être sauvé. A la forteresse œcuménique,
aux étages 61 à 66 se trouve la secte des Paléo-Fascistes. Là-bas, se passe depuis
peu une expérience génétique contre-nature. Le dictateur de cette secte veut accomplir
l’Apocalypse en donnant naissance à une puissance, une entité : l’Anté-C. Les
Frères de la Vraie Foi chrétienne ne le voient pas de cet œil-là et vont tout
faire pour empêcher l’avènement de ce faux dieu. Pour cela, il leur faut un tueur
d’élite qui n’a pas froid aux yeux.
YIU, plus qu’une simple BD
Deuxième
tome de YIU, l’histoire se met en place. Nous comprenons mieux la hargne, la froideur
et le côté implacable qui habitent notre héroïne. Derrière cette façade se cachent
un cœur et un amour inconditionnel pour son petit frère. YIU fera tout pour le
sauver. Quitte à vendre son âme. Il faut savoir que YIU n’est pas qu’une simple
BD, c’est avant tout un projet mené de front par Téhy. Avant de la coucher sur
papier, il aurait voulu en faire une animation 3D. Il suffit de surfer sur le
site www.yiu.net pour bien se rendre compte de
l’ampleur de ce projet. Mais revenons à la bande dessinée. Malgré le côté dur
et sombre de YIU, elle n’est pas la « méchante ». En effet, dans ce second volet,
apparaît le contre poids de YIU : un Dieu qui ne sait pas trop, pour l’instant,
qui il est. Un détail à remarquer, qui amplifie cette opposition, c’est l’encadrement
des planches en fonction des protagonistes. Pour YIU, il est blanc alors que pour
l’Anté-C, il est noir. Une dynamique d’alternance se crée alors. La peinture de
Guénet rend à merveille l’atmosphère chaotique et sombre de cette époque ravagée.
Tout est travaillé, fouillé, réfléchi et rien n’est laissé au hasard. Un exemple :
la première fois qu’elle va voir son frère, YIU retire ses lunettes, elle enlève
son blindage pour redevenir humaine et laisser passer ses sentiments. Ce qui est
révélateur de l’importance de Ji-A dans sa vie. Là encore, il y a deux rythmes,
tant qu’elle n’est pas avec son frère, YIU est speed, bourrée d’adrénaline, blindée
aux amphétamines et l’univers autour d’elle est chaotique. Dans la bulle de protection
de Ji-A tout est calme et notre tueuse redevient une grande sœur aimante et humaine.
Devant ces soucis de détail et d’authenticité, je ne peux que tirer ma révérence
et laisser place au silence.






