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Le Travail du Furet
(
1 )
de
Jean-Pierre Andrevon
Un roman noir dérangeant...
Né en 1937, Jean-Pierre Andrevon est
un auteur qui a marqué la littérature de l’imaginaire. Avec à
son actif de nombreux romans, il s’est attaqué à des genres différents
: la science-fiction, le fantastique, la jeunesse, le polar... Il a reçu,
entre autres, le Grand prix de la science-fiction française, en 1990, pour
Sukran et le prix de la science-fiction pour la jeunesse, en 1982, pour
La Fée et le Géomètre.
Écologiste,
antimilitariste, son engagement se ressent dans ses romans. Le Travail du furet
en est un exemple. Ce roman d’anticipation n’est pas sans rappeler, au niveau
de l’ambiance et du sujet traité, certains livres ou films incontournables
: 1984, Blade Runner, Soleil vert ou bien encore Brazil.
Le Travail du furet a été adapté à la télévision
en 1993.
Le meilleur des mondes peut facilement...
Le travail
d’un furet en ce siècle est de zigouiller des personnes tirées au
sort dont la vie doit prendre fin. Le furet n’a aucune restriction sur les méthodes
ou les armes utilisées pour tuer ses victimes. Afin d’éviter la
surpopulation, ce système s’avère des plus performants : 40000 personnes
sont ainsi, chaque année, choisies de façon aléatoire par
un ordinateur. Le monde s’améliore, la santé devient l’ultime et
unique combat pour le gouvernement. La vie et la santé progressent, les
pauvres et les riches ne se côtoient jamais, nous sommes dans le meilleur
des mondes.
Jusqu’au jour où un des furets découvre qu’une
de ses victimes est la femme qu’il aime. Alors, tout bascule dans l’enfer...
...
devenir un enfer
Jean-Pierre Andrevon nous entraîne dans un
univers noir où la survie n’est assurée que par la chance. Les gens
n’ont plus le même rapport à la vie, et surtout à la mort.
Dans une ambiance qui s’apesantit au fil des pages, au fil des assassinats, le
lecteur découvre cet anti-héros qui tue des gens comme il ferait
la cuisine. Perfectionniste, celui-ci prépare minutieusement chaque détail
de son travail, imagine de nouvelles exécutions et change d’armes en fonction
de son humeur du jour. L’auteur ne mâche pas ses mots, les détails
sont poussés à l’extrême (surtout les détails anatomiques).
On se surprend pourtant à s’attacher à ce personnage, amateur de
films noirs, qui vit sa vie sans réfléchir, subissant les affres
de cette société sans jamais imaginer se rebeller.
Jusqu’au
moment où tout bascule... La seule chose à laquelle il tient lui
est arrachée. Quand il ne reste plus rien à quoi se rattacher, seules
la colère et la vengeance peuvent apaiser la souffrance. Mais jusqu’où
est prêt à aller ce personnage ? L’orgueil, le confort et la dignité
peuvent-il lui faire oublier ce pourquoi il se bat ? De toute façon, l’essentiel,
c’est de vivre sa petite vie tranquillement, sans se poser de questions... Avec
Le Travail du furet, Jean-Pierre Andrevon nous emmène ainsi, dans
la vie d’un homme, somme toute, ordinaire. Une rencontre dérangeante, effrayante
qui laissera comme un arrière-goût de rébellion.
Laure Ricote
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