de Laurent Genefort
aux éditions Degliame ,
collection Grand Format
Sous-genres :
- Heroic fantasy
Auteurs :
Laurent Genefort
Couverture :
Philippe Caza
Date de parution : mai 2004
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 256
Age minimum : 11 ans
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
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Où Alaet prend le pied marin
Revoici Alaet, le héros fétiche des Editions
Degliame, publié en grand format. Après
la réécriture du Sablier de Sang,
devenu pour l’occasion Le Sablier Maléfique,
Laurent Genefort propulse donc de nouveau son héros
de la période de l’adolescence (tel qu’on le
rencontre dans la collection du Cadran Bleu) à
l’âge adulte. Chronologiquement, cette Odyssée
des Sirènes est ainsi juste postérieure
au Sablier Maléfique, et en est parfaitement
indépendante, comme tous les épisodes
des aventures d’Alaet, malgré la récurrence
de certains personnages. Cette fois, foin de palais
ou de minaret à l’horizon : direction le grand
large ! Pour une aventure qui se dessine comme un trait
d’union entre les mythes et la piraterie. Alors "Cap
au large !".
"A Jinjamandu le sultan c’est vous"
La chaleur de l’accueil réservé aux voyageurs
dans le port de Jinjamandou aurait dû conduire
Alaet à se tenir sur ses gardes. Mais voilà,
tout voleur qu’il est, Alaet aspire lui aussi à
un peu de tranquilité. Résultat : notre
héros s’est fait abuser par la roublardise des
autochtones qui ont tôt fait de l’accuser d’un
vol qu’il n’a jamais commis. Un comble pour le détrousseur
professionnel ! Le voici donc embarqué à
bord d’un bateau-prison avec comme seule perspective
de libération que sa famille paye une rançon
exorbitante. Problème : Alaet est tout ce qu’il
y a d’orphelin ; autant dire qu’il risque de terminer
sa vie sur cette galère, Le Néréis,
à bord duquel il rencontre d’autres compagnons
d’infortune, mais également de vrais malfrats,
séparés en deux clans rivaux.
Le sort des condamnés connaît un revirement
complet quand Urwadu, la reine des sirènes, vient
leur proposer son aide en échange d’une mission
au bord du monde. Malgré le secret dont Urwadu
entoure cette quête, les prisonniers ne peuvent
qu’accepter, et grâce à l’entremise de
la magie des sirènes, les voici bientôt
libres de voguer vers le septentrion. Enfin libres...
Les tensions à bord du Néréis
ne vont faire que croître tandis que Le Requin,
le chef des malfrats, tente d’éliminer toute
opposition au sein de l’équipage. Et puis parlons-en
de cet équipage : tout juste l’agglomération
d’individus qui n’avaient jamais navigué (ohé
ohé !). Autant dire qu’échapper aux navires
lancés à leurs trousses, aux pirates et
autres monstruosités de l’océan ne sera
sans doute pas une partie de plaisir pour Alaet et ses
amis. Le goût de la liberté sera-t-il le
plus fort ? Et les sirènes dans tout ça
: quel peut bien être cette quête si mystérieuse
pour laquelle l’aide des prisonniers leur est indispensable
? Que trouveront-ils au bord du monde, au-delà
de l’anneau bouillant, sinon la mort et la désolation
?
De l’ambition, de la sueur, un ton bien personnel :
encore un succès !
Une fois de plus Laurent Genefort remporte son pari
de faire de la fantasy ’autrement’ : sans perdre de
vue l’aventure, maître-mot de la vie d’Alaet,
Genefort détourne les fils classiques de la fantasy
pour bâtir un univers si personnel à la
croisée de mondes incertains. Les personnages
secondaires de cet épisode sont plus présents
que dans les autres aventures, du simple fait de l’exiguïté
du pont de La Néréis. Cette histoire
est donc, bien plus que les autres, l’aventure d’un
groupe construit sur une base de clichés riches
et colorés et teintés du parfum de la
faune de Wethrïn : Ouranem, le trolque aveugle à
la peau d’encre, Nayer le marin qui jure au nom d’une
déesse inconnue, Grindel le mage dépossédé
de tout pouvoir, Boran et Ragal les deux capitaines
des ’honnêtes prisonniers’, et Le Requin à
la dentition appropriée et au caractère
carnassier en sont autant d’exemples.
Une certaine linéarité du scénario
(les ennuis se suivent et se solutionnent un à
un à chaque chapitre ou presque) se fait ressentir
dans ce roman construit selon un plan sans doute trop
proche des aventures d’Alaet au Cadran Bleu. Mais on
pardonne allégrement, car le foisonnement de
cette histoire emballe la lecture. A tout moment, on
navigue entre le roman d’aventure et le mythe : les
créatures des noires profondeurs, les sirènes,
même le poisson d’or forgé par l’oracle,
donnent à cet épisode plus qu’à
aucun autre une dimension divine. Une dimension qui
rejette Alaet et les siens dans le gouffre de la douce
innnocuité de ceux qui tentent juste de survivre
à un jeu auquel ils n’ont pas véritablement
choisi de participer.
Laurent Genefort réussit ici une jolie fusion,
également marquée par l’importance du
contexte marin : pirates, loups de mer, vaisseau fantôme,
tempête, tous les archétypes de l’aventure
au large sont réunis et incrustés dans
un contexte qui rayonne donc sous tous les angles d’une
diversité maîtrisée, d’un mélange
mesuré. Un véritable travail d’orfèvre
qui risque bien de rallier à Alaet un public
toujours plus nombreux. Sans compter que certains personnages
récurrents (dont la célèbre Essedaria
du Sablier maléfique) refont leur (courte)
apparition pour satisfaire les fans. Bref : on ne peut
que trouver son compte dans les pages de cette Odyssée
des sirènes.






