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Sociales fictions, Les Androïdes rêvent-ils d’insertion sociale ?
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Une anthologie dirigée par
Gérard Klein
La science-fiction rêve-t-elle de reconnaissance intellectuelle ?
Ou les sciences humaines se cherchent-elles de nouveaux lecteurs ?
L’introduction révèle
quelques parti-pris qui sont intervenus dans la sélection
des nouvelles celui par exemple dans le domaine anglo-saxon
de concentrer les recherches sur une période
allant de 1935 à 1975, ce qui n’a pas empêché
d’inclure Gravé sur chrome datant
de 1982. Ce critère a le mérite de prouver
que l’anticipation dans certains cas résiste
bien à sa confrontation avec la réalité,
que certains auteurs sont des réels visionnaires
des sociétés futures. Ainsi Cami dans
les années 30 avait déjà décrit
la mondialisation ! Pas si étonnant me direz-vous,
l’immuabilité de l’âme humaine
oui mais tout de même, dépasser les projections
fantasmagoriques de son époque pour atteindre
une vision singulière n’est pas donné
à tout le monde…
Des textes d’envergure pour des problématiques
variées
La qualité des textes retenus est indéniable.
Même s’il subsiste un doute sur la méthode :
a-t-on pioché dans la SF pour illustrer une série
de thèmes déterminés au préalable
ou a-t-on analysé les idées qui se dégageaient
des nouvelles ? Celles-ci traitent avec poésie
et humour les problématiques sociétales.
Sont abordés tour à tour les notions suivantes :
l’individu face à la masse, travail et chômage,
l’organisation d’élection, publicité
et incitation à la consommation et sa résultante
inflation des dettes, évolution du lien social
avec les nouvelles données de communication.
Ou encore l’adolescence et son pouvoir de révolte
face à l’ordre accepté par les adultes,
les sentiments personnels et la nécessité
démographique, la difficile question de l’égalité,
la mondialisation, le rapport à l’altérité,
l’emballement des chaînes de production.
Bien sûr tout cela relève déjà
d’une représentation du monde et chacun
selon son questionnement pourra regretter l’absence
de telle ou telle entrée manifeste (pour ma part
la violence, l’identité) mais les analyses
qui suivent les textes élargissent suffisamment
le thème pour y greffer d’autres questions.
Par contre, il est sans doute dommage que les analystes
ne se réfèrent pas davantage à
des romans de science-fiction qui disposant de plus
de pages pour leur analyse ont aussi traité ces
thèmes. Comme si leur curiosité en la
matière se limitait au corpus…
Un visuel surchargé et pas toujours bien ciblé
La maquette surchargée décrédibilise
l’ouvrage. Puces de couleur, ellipses et autres
traits géométriques en arrière-fond,
lettrines surchargées par une image, ils en ont
mis des tonnes pour faire SF, et cette ornementation
de pacotille gêne parfois la lecture, sans parler
des teintes criardes. On a au final l’impression
de parcourir un manuel scolaire qui se serait accouplé
avec un traité new age.
Les illustrations, et tout particulièrement les
images tirées des films, me semblent souvent
être là pour figurer des clichés
de SF plutôt que pour étayer les thèses
avancées, en fournir une autre approche !
Un mini pavé de bonnes intentions
Le projet derrière ce livre avait le mérite
de démontrer que la science-fiction sous couvert
de réalités fictives, parallèles
s’interroge sur la réalité, la place
de l’homme dans la société et les
travers de cette dernière et donc d’amener
ceux qui catégorisent la SF comme de la littérature
de gare à revoir leur position.
Malheureusement cette entreprise louable souffre de
quelques défauts, espérons que cela ne
découragera pas d’autres tentatives de cerner
la richesse des textes de science-fiction.
Nathalie Ruas
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