de Serge Brussolo
aux éditions Folio SF
Auteurs :
Serge Brussolo
Couverture :
François Baranger
Date de parution : décembre 2005
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 311
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : janvier 1990
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"On dirait une énorme guimauve agonisante [...]. Ou alors un ballon dirigeable de viande crue, tu ne trouves pas ?"
"Elle vacille, la tête pleine de choses noires, informes. Elle ne sait pas d’où lui viennent tout à coup ces idées inquiétantes qui ne l’ont jamais effleurée auparavant."
Alors qu’il voyage en voiture avec ses parents, le véhicule heurte un objet, une masse. David est sûr que son père a heurté un "être" du troisième type. Et "il n’y a rien de plus dangereux qu’un tigre blessé..."
Plusieurs années plus tard, David est devenu un écrivain de science-fiction, célèbre pour sa série gore sur un tueur de pères noëls. La nuit, il est hanté par le même rêve dans lequel enfant, il travaille dans un bagne déguisé en fabrique de jouets. David est un homme traqué. De jour comme de nuit, l’entité attend sa vengeance...
"Deux consciences enfermées dans des sacs de guimauve. Après tout, c’est mieux que pas de corps du tout."
L’Homme aux yeux de napalm est un roman qui met mal à l’aise, qui dérange avec quelques scènes à la limite du supportable. Dès le début, l’auteur donne le ton : une gamine qui prend plaisir à démanteler sa poupée, qui "enfonce les doigts dans les yeux de la poupée qui disparaissent à l’intérieur de la tête creuse" et qui rit nerveusement.
C’est l’histoire glauque d’un type qui écrit des histoires glauques dans une ambiance de Noël glauque. Tout est amoché : l’esprit de Noël, les jouets, le père noël, l’innocence des enfants... Ce n’est plus la période merveilleuse pour des enfants, mais la prison, le début de l’esclavage, la maltraitance. La magie fait place à l’horreur. Dans la fabrique de jouets, tel des équarisseurs, les enfants font des lutins torturés et mutilés, de jolies poupées de porcelaine et des ours nains capturés puis occis, des peluches soyeuses.
Brussolo s’amuse à nous bousculer, à nous mettre mal à l’aise (j’avoue que certains passages ont été difficiles à lire). Entre la réalité et le cauchemar, le lecteur va et vient, tout en espérant que jamais le rêve vienne empiéter sur le quotidien. Et pourtant la frontière est mince et Brussolo, la franchit sans pincette, avec même, provocation. Des scènes crues, des dialogues rudes... il met son héros dans une situation désespérée et rien n’est laissé au hasard.
... sauf peut-être la fin un peu alambiquée. On sent que l’auteur ne sait comment terminer son histoire. Alors un petit tour de passe-passe et voilà ! L’Homme aux yeux de napalm reste un roman curieux, complètement déjanté, à ne pas mettre entre toutes les mains. Ames sensibles, s’abstenir.






