de Ursula Le Guin
aux éditions Robert Laffont ,
collection Ailleurs & Demain
Auteurs :
Ursula Le Guin
Couverture :
Jackie Paternoster
Traduction :
Patrick Dusoulier
Date de parution : février 2006
Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Recueil
Nombre de pages : 402
Titre en vo : L'anniversaire du monde
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : janvier 2002
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Socio-Ethnologie dans l’univers de l’Ekumen
Sept nouvelles dans l’univers de l’Ekumen
Puberté en Karhaïde revient sur le monde de Géthen, celui de La Main Gauche de la Nuit, pour y explorer plus en avant ce qu’est réellement être géthenien/géthenienne.
La Question de Seggri est un assemblage de rapports sur une durée de plusieurs centaines d’années sur la planète de Seggri, où le rapport hommes-femmes est de un pour seize, et où les hommes ont tous les privilèges, mais les femmes ont tous les pouvoirs. La description d’une société profondément injuste et de sa douloureuse évolution vers les standards du reste de l’Ekumen.
Musique Ancienne et les femmes esclaves se situe également à l’instant charnière où la société de la planète Werel est radicalement modifiée par ses relations avec l’Ekumen. Un changement qui ne peut être que le bienvenu étant donné la situation traditionnelle, et pourtant il semble qu’un tel accouchement ne peut se faire que dans la douleur…
Un amour que l’on n’a pas choisi et Coutumes montagnardes explorent tous deux le monde de O et ses complexes coutumes matrimoniales.
Solitude relate la mission d’une ethnologue sur Onze-Soro avec ses enfants, et la manière dont son subterfuge pour s’intégrer dans la société se retourne contre elle. Mais elle n’est plus la seule concernée…
L’anniversaire du Monde se joue sur une planète sans nom de l’espace de l’Ekumen. Se joue, réellement, puisque cette description d’une société où rois et dieux se confondent fait irrésistiblement penser à un drame antique.
Huit nouvelles vibrantes d’humanité
Ce recueil alterne le tragique et le plus léger, les rapports scientifiques et officiels vus d’un point de vue extérieur à ces six sociétés et les récits personnels de natifs de ces mondes. Mais les deux types de récits se mêlent : les indigènes deviennent conteurs et informateurs pour l’Ekumen, tandis que les Mobiles se font happer ou assimiler par les sociétés qu’ils étudient, et leur implication tinte leur récits d’émotion. Et en ethnologie comme en physique, l’observateur a un effet sur les phénomènes observés...
Ursula Le Guin réussit de nouveau à faire passer plus sur chacune de ces sociétés dans un format de nouvelle que d’autres auteurs ne parviennent à décrire en des cycles entiers. En rendant chacun de ses personnages humain et réel, en les suivant simplement au jour le jour, elle souligne mieux leur étrangeté, leur différence, que ne le ferait n’importe quel long discours. Cette différence est d’ailleurs plus marquée ici que dans la plupart des romans de S.-F. ou de fantasy, qui ne sont finalement que la transposition de personnages dans lesquels le lecteur moderne peut se reconnaître sans trop de problèmes dans un univers futuriste ou distant. Une proximité bien peu réaliste, ne fût-ce qu’au vu de la distance entre les conceptions du monde qui a existé sur notre planète au cours des temps historiques...
La dernière nouvelle, Paradis perdus, ne se situe pas dans l’univers de l’Ekumen, mais l’auteur y a trouvé la même justesse de ton que dans les récits précédents. Il s’agit là (à mon humble avis) de l’un des plus beaux récits de la vie dans un vaisseau transgénérationnel, commençant par des générations intermédiaires, et se terminant par le choc de l’arrivée...
Un recueil de récits magnifique, et un superbe exemple de ce que peut être la science-fiction à échelle humaine. Ursula K. Le Guin réussit le tour de force (répété) de faire des nouvelles de hard-S.-F. en adoptant le point de vue de l’ethnologie et de la sociologie des cultures de la disapora humaine, sciences presque toujours négligées du fait de l’emphase sur la physique et la technologie, parfois de la biologie, caractéristiques de ce style, voire de la S.-F. en général.






