de Ursula Le Guin
aux éditions Livre de Poche ,
collection Science-Fiction
Sous-genres :
- Fantasy
Auteurs :
Ursula Le Guin
Date de parution : mars 2007
Réédition
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage :
Nombre de pages : 702
Titre en vo : Earthsea
Parution en vo : 1974
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Un classique de la fantasy moderne
Quatre pattes, deux pattes, trois pattes...
Sans être véritablement reliés les uns aux autres par une intrigue commune, les trois livres mettent en scène un même héros, le mage Ged l’Epervier, en trois moments de sa vie.
Au commencement est Duny, un jeune chévrier de l’île de Gont qui se découvre doté de certains pouvoirs. Désireux d’apprendre à les exploiter et à les étendre, il se fait apprenti chez une sorcière de village jusqu’à ce que, poussé à bout par un danger, il soit repéré par un mage puissant qui lui donne son Vrai Nom : Ged. Il finit alors par commencer une formation sur la prestigieuse Ile des Sages ou s’élève le centre magique de Terremer : l’école de sorcellerie de Roke. Mais ici, péchant par orgueil, il fait mésusage de ses pouvoirs et libère une créature maléfique et mystérieuse. Cet épisode douloureux coûte sa vie à l’Archimage de Roke, le mage le plus puissant de Terremer, et lance Epervier dans une quête éperdue à travers l’Archipel et dans les lointaines Marches, où le sorcier alternera les positions de proie et de gibier, face à la créature dont il tente de percer le mystère.
Quelques années après cette initiation, Ged continue ses errances ; il en vient à se tourner vers la Rune du Roi, rune de paix et de prospérité, qui fut perdue autrefois lors de la défaite du mage Erreth-Akbe en terre kargade, et ne saurait être retrouvée que par la réunion des deux moitiés de l’anneau du mage. Ged en possède une, mais l’autre est conservée au coeur d’un désert dans l’enceinte sacrée des Tombeaux d’Atuan, protégée par une magie puissante et veillée par un ordre de prétresses mené par Arha, l’Eternellement Réincarnée.
La trilogie s’achève au crépuscule de la vie de Ged, élevé à la fonction d’Archimage. En tant que tel, il lui revient de protéger Terremer d’une étrange épidémie qui se traduit par une disparition de la magie. De fait malgré la récente accalmie, seul le retour sur le trône d’un mage de la lignée de Morred serait susceptible d’enrayer le déclin de Terremer. Se joue alors l’ultime partition de Ged, ou tout se trouve remis en question : Ged, Roke et Terremer peuvent soit renaître, soit tout perdre, jusqu’à leur mémoire.
Un univers fascinant
L’univers de Terremer est remarquablement dépeint par Ursula Le Guin, qui prend bien soin de ne pas dévoiler tous les mystères d’un monde formé de miliers d’îles plus ou moins grandes, et laisse donc la place à une grande diversité.
L’idée de l’école-conservatoire de magie (antérieur à Poudlard, ça va sans dire...) est très bonne, même si on peut regretter parfois la situation monopolistique de Roke dans son domaine.
La conception de la magie est intéressante, et la puissance magique du “vrai nom” des êtres reste une valeur sûre, assez poétique, dont l’on se souvient notamment par les réflexions du Sylvebarbe de Tolkien. Le Guin va plus loin dans cette direction, développant l’analyse faisant du nom de toute chose un miroir de son essence même, donnant à qui le connaît un pouvoir sur la chose.
L’étude psychologique et comportementale des personnages est aussi très bonne : Le Guin nourrit son récit de réflexions sur (en vrac) le renoncement, la foi (au sens large), l’amitié, le renfermement et l’ignorance, l’identité, la valeur de l’action et ses conséquences (elle traite en cela de la magie comme le réchauffement climatique nous mène à traiter de la technologie).
Sans oublier qu’elle donne (enfin !) une signification au mot "Equilibre", utilisé à tort et à travers par toute une tripotée d’auteurs de fantasy qui répètent leur cathéchisme post-moderne bien-pensant, sans lui donner aucune profondeur.
Quelques hésitations dans la forme
Concernant la forme pure, je regrette l’hétérogénéité de l’ensemble. Le fil rouge reste assez ténu et rend hasardeuse la publication des trois livres en un seul. La seule véritable quête occupe le premier tome, Ged perdant sa prééminence au cours des deux autres, ce qui ôte une certaine cohérence à l’ensemble.
De plus le style même change au cours du recueil : Le Sorcier de Terremer se détache notamment, écrit dans un style évoquant plus le reportage que la narration, impliquant beaucoup moins le lecteur que les deux autres livres.
Incontournable
Malgré ces quelques critiques, Terremer est un classique incontournable de la fantasy. Le recueil en tant que tel manque selon moi d’une certaine cohérence pour en faire un chef-d’oeuvre de la trempe du Seigneur des Anneaux, mais le livre est excellent et reste une référence incontestée de la Fantasy.
A noter : le scénario du film adapté en 2005 par Robert Lieberman n’a qu’une relativement lointaine parenté avec l’histoire de Mme Le Guin, et le film de Miyazaki n’adapte que le troisième livre, L’Ultime Rivage...






