aux éditions Les Moutons électriques ,
collection La Bibliothèque voltaïque
Sous-genres :
- Uchronie
Auteurs :
Ugo Bellagamba
Couverture :
Arnaud Cremet
Date de parution : juin 2009
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 256
Lire tous les articles concernant Ugo Bellagamba
Tancrède, la foi à l’épreuve de la croisade.
Noble Normand, neveu de Bohémond de Tarente, Tancrède est fou de bonheur lorsque son oncle décide de rejoindre la première croisade prêchée par le pape Urbain II. Il y voit une excellente occasion d’aller œuvrer à la gloire de Dieu en partant délivrer les lieux saints de Jérusalem. Mais rapidement, pendant le voyage, il découvre que les véritables motifs des autres seigneurs sont bien moins religieux que les siens. Ses comparses rêvent surtout de s’enrichir et de se tailler des royaumes à la hauteur de leurs orgueils. Pire, les croisés se rendent coupables de massacres sur des civils, femmes et enfants compris. Des comportements bien peu chrétiens pour Tancrède qui s’éloigne peu à peu des autres seigneurs, quitte à se fâcher avec sa propre famille. Mais au fur et à mesure que la défiance s’empare de lui vis à vis de la croisade, il découvre un monde arabe bien moins barbare et inculte que ce à quoi il s’attendait...
Un grand plaisir et une grande uchronie
Disons le sans ambage, Tancrède est un grand roman. Chaque mot semble pensé, pesé et mesuré. L’histoire de ce héros confronté au monde réel, aux bassesses mais aussi à la grandeur des hommes, amis ou ennemis, est passionnante. On s’enfonce avec lui avec plaisir dans ce monde musulman aux milles facettes et l’on ressent avec force son dégoût des exactions des croisés. C’est le questionnement intérieur de Tancrède qui nous touche le plus, sa remise en cause de ses croyances et du système qu’il a connu jusqu’au début de cette croisade. Au fur et à mesure du roman, sa cuirasse se fissure et il s’ouvre au monde, sans pour autant devenir pontifiant ou moralisateur. Cela devient encore plus grand lorsque l’inflexible chevalier du Christ tombe amoureux, Ugo Bellagamba le rendant encore plus humain pendant cet épisode (et ensuite dans les dernières pages).
Modèle de précision, il a plus conçu le roman comme une sorte de journal intime, donnant une proximité immédiate avec son personnage et rendant la lecture facile et agréable. Oui l’on prend un grand plaisir à lire ce récit. Il a en plus le mérite d’être court. En ces temps de séries à rallonges, notamment en fantasy, les 230 pages de Tancrède sont d’une rare richesse et d’une intelligence manifeste. C’est d’ores et déjà un des grands romans de cette année. En introduction, on a indiqué pourquoi cette Uchronie devrait devenir une pièce maitresse de la bibliographie d’Ugo Bellagamba. A sa lecture, cela devient une évidence... A lire absolument.






