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A Mollywood !!

Christophe Araldi (Coloriste), David Chauvel (Scénariste), Cyril Pedrosa (Dessinateur, Scénariste)
Langue d'origine : Français
Aux éditions : 
Date de parution : 30/04/2006  -  bd
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A Mollywood !!

David Chauvel est né en 1969. D’abord marqué par la nouvelle vague britannique et le polar moderne, il travaille aujourd’hui sur des projets d’inspiration différente. Cyril Pedrosa, né en 1972, a travaillé de 1996 à 1998 comme intervalliste chez Disney. Sa rencontre avec David Chauvel donnera lieu à leur brillante première série à quatre mains, Ring Circus. Le coloriste Christophe Araldi rejoint le duo pour la création de la série Les aventures spatio-temporelles de Shaolin Moussaka. A Mollywood !! succède aux deux premiers tomes, A Holy Hole et Contre le grand Poukrass.

La fusée interstellaire des cinq héros atterrit à Mollywood, capitale dégénérée du cinéma, et plus précisément dans la propriété d’un cinéaste aux créations hautement raffinées, Benjamin Hassewitzchovoï, ou « Benjie » pour ses intimes très siliconées. Il les accueille dans sa demeure au luxe -forcément- ostentatoire. Le quotidien s’organise dans un joyeux bazar, entre les roucoulades de Benjie et Magdalena, les entraînements de maître Wang et le départ soudain de Vermouth, plongé dans la découverte des trottoirs mollywoodiens, quand une nouvelle terrible vient briser le rythme effréné de la cité et de notre petit groupe : la terrible disparition de Cookie le cocker, star canine et dieu païen vénéré par les très éclairés (ou illuminés ?) habitants de Mollywood. Mais qu’est-il donc arrivé à ce pauvre Cooky ? Inquiétude et tension sont à leur comble quand on sait que pour d’autres « animal stars » également enlevées, l’issue a été bien funeste… Heureusement, nos héros sont là pour mener l’enquête.

Une parodie en partie efficace…


A Mollywood !! est donc un tome consacré à la parodie plutôt efficace de l’univers Hollywoodien. Si cette parodie fonctionne, c’est en premier lieu parce qu’elle est introduite grâce à un procédé narratif simple mais qui a fait ses preuves : le regard distancié d’étrangers, violemment projetés dans un univers dont ils ne connaissent pas les codes. En effet, nos cinq héros improbables - ou même anti-héros : que dire d’un personnage comme Vermouth, poussin défraîchi qui jure coincé dans une poubelle ( !) - nous proposent un regard sans préjugés sur la capitale du cinéma. Ainsi, à Mollywood, la création cinématographique a pris un sacré coup qualitatif  : la ville n’est qu’un ramassis de cinéastes imbus de leurs œuvres versant dans la pornographie ou dans les productions désespérantes ayant pour premiers rôles des animaux, et la population enrichie évolue dans un décor entre luxe tapageur et ruelles glauques où s’amassent les ordures. On comprend que pour les auteurs, les innombrables poubelles ne figurent rien d’autre que la matière véritable de la production cinématographique de la ville.

La caricature est l’arme principale de la dénonciation dans ce volume : les couleurs criardes sont le rappel outré d’une société qui se nourrit de l’image choc, et où la notion d’éblouissement esthétique a été supplantée par l’utilisation de la couleur comme procédé d’attraction du client / spectateur potentiel. Cette dégénérescence est soulignée par l’omniprésence du dessin « gros nez » : les personnages rencontrés ne sont plus que corps hypertrophiés, soulignant la vanité et le ridicule de la quête désespérée et désespérante de la beauté.

…mais qui souffre de n'être pas assez poussée.

L’histoire dans laquelle nous entraînent les auteurs est à l’image des scenarii que l’on imagine remporter un franc succès dans ce Mollywood : l’intrigue est maigre et tout à fait affligeante  - retrouver un chien enlevé - et si l’on obtient une certaine mise en abyme, le lecteur peut vite se lasser, d’autant plus que cette intrigue ne démarre que très tard, à la page trente, le début oscillant entre mise en place des personnages dans le décor, présentation du médiocre cinéaste et intrigues reliées aux voyageurs interstellaires. De plus, on regrette que la critique ne soit pas poussée plus avant : les personnages sont brossés de façon superficielle et les auteurs ont du mal à dépasser le stade du soulignement des clichés, rendant parfois le tout à la limite de l’indigeste.

A Mollywood !! clôture donc des aventures récréatives mais qui nous laissent sur notre faim.

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