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Le Draconomicon

Ange (Scénariste), Patrick Boutin-Gagne (Dessinateur), Stéphane Paitreau (Coloriste)
Langue d'origine : Français
Aux éditions : 
Date de parution : 01/11/2018  -  bd
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Ange : Le Draconomicon

Entrer dans l’univers des Chevaliers-Dragons

« Nul ne sait pourquoi les dragons apparaissent... Leur seule présence déforme la réalité.
D'abord, cette influence est discrète et n'affecte que les lieux proches. Puis, à mesure que le dragon grandit, vieillit, le voile maléfique croît comme les ronds à la surface d'un lac. Nous l'appelons le Veill.
Le veill tord les choses, transforme les animaux et les gens en êtres monstrueux. Il croit et croit encore, semant mort et destruction sur son passage. Pour le faire disparaître, il faut que le dragon meure. Mais comment combattre une bête dont les sens magiques perçoivent tous les êtres vivants qui se meuvent autour de lui ?
Seules les vierges échappent à cette vigilance démoniaque.
Seules les vierges ne sont pas rongées par le Veill.
Seules les vierges peuvent approcher la bête pour la tuer.
C'est pour cela qu'a été crée notre ordre... L'Ordre des Chevaliers-Dragons. »

Ces lignes sont familières pour ceux et celles qui connaissent déjà le cycle des Chevaliers-Dragons. Pour les autres, je ne peux que vous conseiller de découvrir cette série de BD qui m’a bouleversée.

Line et O face à leur destin

O et Line travaillent en collaboration. La première – une Ombre – sur le terrain, fait la chasse aux sectes et récupère leurs documents. L’autre – un Chevalier – fait des recherches sur ces documents pour comprendre d’où viennent les dragons, ces créatures mystérieuses qui défient les formes de vie de leur univers.

Et Line découvre le document qu’elle cherchait : les données historiques et géographiques de l’apparition des premiers dragons, il y a des siècles de cela. Ce qui donne la possibilité de prévoir leurs apparitions et de les combattre de manière plus efficace...

Line communique sa découverte et déclenche sans le vouloir une machine politico-religieuse dont les soubassements lui échappent mais vont briser sa vie. Line et O vont se rejoindre, amies et ennemies, mais il sera trop tard quand elles comprendront la vérité.

Un nouveau tome aussi riche que les précédents

Comme dans les autres tomes, l’histoire commence doucement, avec la mise en place de ses personnages avec qui on fait connaissance, et la révélation d’une intrigue qui se déploie d’abord par petites touches puis de manière plus ambitieuse et totalement contrôlée.

Les histoires racontées dans ce cycle de BD sont toujours extrêmement bien construites, avec beaucoup d’ambition et un final absolument parfait. Ce tome n’échappe pas à la règle : on est happé par l’histoire de ces personnages qui luttent jusqu’au bout, au péril de leur vie, pour mener à bien leur mission qui les dépasse.

Les dragons, enjeux de manipulations politiques et religieuses

Peu de dragons dans ce tome, et pourtant leur existence est au centre de l’intrigue. Loin des combats (pourtant très réussis dans cette série), le scénario se penche plutôt sur les attitudes des hommes et des femmes envers la présence de ces dragons, énigme complexe qui régit leur univers. Car des puissances se sont mises en place en réaction à ces créatures que seules les filles et femmes vierges peuvent approcher et combattre : l’Ordre des Chevaliers, institution semi-religieuse et guerrière qui possède la force physique et les techniques de combat nécessaires à la lutte sans merci contre ces monstres ; les rois et autres autorités politiques, volontiers misogynes, qui voient d’un mauvais œil la puissance militaire de cet ordre exclusivement féminin et autonome ; les cercles intellectuels qui aimeraient garder pour eux les connaissances disponibles sur les dragons, afin de conserver le pouvoir qui va avec. Car les enjeux sont nombreux autour des dragons, bien plus grands et nombreux que se l’imaginent Line, la petite archiviste, et O, l’ombre manipulée.

Une histoire centrée sur les personnages et les affres qu’elles traversent

Pourtant, quoique les manipulations soient orchestrées au niveau des grandes puissances, ce ne sont pas elles qu’on voit. Ce qu’on voit, c’est Line, l’érudite peureuse qui surprend par son courage quand elle comprend les enjeux de sa découverte, et qui va tout sacrifier pour elle. Ce qu’on voit, c’est O, l’Ombre malheureuse qui n’a plus que sa mission à laquelle se raccrocher, et qui va la poursuivre coûte que coûte, poussée par ses sentiments complexes envers Line. Bref, ce qu’on voit, ce sont deux personnages magnifiques, bien dessinés et émouvants, qui portent l’histoire et le lecteur vers un dénouement digne d’une tragédie grecque.

Et pour finir, une mention particulière pour le titre de ce tome, le Draconomicon, en hommage au Nécronomicon de Lovecraft, et pour le beau cahier graphique inédit, offert pour le 20e anniversaire du cycle !

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