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Black-out

Langue d'origine : Français
Aux éditions : 
Date de parution : 24/08/2012  -  livre
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Black-Out

Onze prix Hugo, douze prix Locus, sept prix Nebula, quarante deux prix au total dans le monde anglo-saxons, plus deux chez nous... Connie Willis est l'une des auteurs les plus récompensées de la science fiction. Et pourtant depuis quasiment dix ans, aucune traduction ou presque chez nous. Hormis quelques nouvelles ici et là, aucun roman n'a été publié en français depuis 2003 et Passage.
 
C'est donc avec intérêt et curiosité qu'on a ouvert ce Black-Out, premier roman d'un dyptique autour d'historiens projetés en pleine Seconde Guerre mondiale à 120 ans de leur époque. Lui aussi a été multiprimé avec le trio le plus prestigieux : Hugo, Nebula, Locus...
 
Quand tout se détraque...
 
Vers 2060, le voyage dans le temps est devenu un outil de premier ordre pour les historiens pour suivre leur sujet d'étude au plus près. Parmi eux, Michael, Merope et Polly sont projetés au début de la Seconde Guerre mondiale et plus précisemment en 1940, au moment où les Allemands refoulent les soldats britanniques sur le sol anglais et commencent à bombarder les grandes villes de nuit. Nos trois historiens vont donc vivre chacun de leur côté cette page essentielle de l'Histoire, avec l'assurance d'être rapatrié en cas de soucis vers leur époque d'origine. Mais rapidement, les choses se détraquent et ils se retrouvent coincés dans le temps.
 
Le Voyage dans le temps, une obsession ?
 
Le passé et l'histoire, notamment britannique, passionnent Connie Willis depuis de nombreuses années. C'était déjà le sujet des romans Remake, Le Grand Livre et Sans parler du chien. Rien d'étonnant donc à la voir de nouveau aborder cette thématique.
 
Le début est plutôt agréable. Connie Willis multiplie les petites péripéties quotidiennes pour ses héros, donnant une certaine légèreté à leurs différents récits. On sourit volontiers de leurs préparatifs et de leurs premiers pas dans cette Angleterre qui se trouve à un tournant de la guerre. C'est d'autant plus agréable qu'elle semble nous donner une vision réaliste et historique de la vie des Anglais pendant cette période, que l'on se trouve dans un abri avec des Londoniens attendant la fin des alertes nocturnes ou avec des enfants évacués à la campagne ou bien encore avec des marins partis récupérer les soldats britanniques sur les plages françaises pour les rapatrier sur le sol londonien. Sans juger de la véracité historique de l'ensemble (certains spécialistes auraient trouvé quelques erreurs), l'ensemble semble en tout cas crédible et c'est plutôt intéressant. D'autant qu'après quelques avaries dans leur voyage dans le temps, nos héros vont pleinement vivre cette période, risquant parfois par leurs actions à changer le passé. Mais comment, surtout à un tel moment, rester extérieurs aux évènements ?
 
Là où le bât blesse, c'est que Connie Willis se perd dans les détails de la vie des héros et passe des pages et des pages à broder sur l'absence d'une jupe noire pour une vendeuse ou sur les bêtises de deux gamins espiègles... Des longueurs qui gâchent rapidement le plaisir de la lecture tant on a l'impression de ne pas avancer. Il y a dix ans, on avait déjà dénoncé cette tendance à faire trop long dans Sans parler du chien. Force est de constater que cela a empiré avec le temps. Résultat de passionnant son Black-Out devient progressivement ennuyeux. Et c'est dommage. Avec moins de gras, nous aurions pu lire un excellent roman. Pas sûr que l'on se jette sur la suite du dyptique avec la même envie...
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