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Dystopia -2

Richard Christian Matheson ( Auteur), Kain (Illustrateur de couverture), Cédric Perdereau (Traducteur)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Anglais US
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 30/09/2002  -  livre
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Dystopia -2

" Beau travail, fils. Je suis très fier de toi. " On peut difficilement rester impassible lorsqu'un tel compliment vient d'un des plus grands auteurs du genre. C'est en effet par ces quelques mots que Richard Matheson conclue la préface (qui pour l'édition française devient la postface) de la seconde partie du recueil de son fils : Richard Christian Matheson.

Pour le talent : Tel père, tel fils

Le compliment a d'autant plus de valeur qu'il est totalement justifié. En effet, l'auteur de Je suis une légende, de L'homme qui rétrécit et de la géniale nouvelle Journal d'un monstre qui l'a révélé au monde (retraduite sous le titre Né d'un homme et d'une femme) n'a pas à rougir de son rejeton. Après un bon roman (Cauchemar cathodique chez Denoël, collection Présence du Futur n° 632), voici Dystopia 1 et 2 qui confirment le talent du fils sur une bonne soixantaine de nouvelles dont l'homogénéité dans l'excellence est peu courante.

Navigant entre horreur glauque et poésie, Richard Christian Matheson a le don de concision : faire naître le maximum d'images avec le minimum de mots. Pour preuve : Pense-bête. Moins de 100 mots ( !) pour un texte à l'humour noir grinçant qui laisse l'esprit du lecteur s'emballer vers les situations les plus atroces. L'auteur ne décrit rien, il se contente de nous retranscrire ce qui a tout l'air d'être la liste de courses d'un psychopathe qui va s'adonner à son passe-temps favori… Pas besoin de décrire des scènes gores ultra-violentes, tout son génie est dans la suggestion. Immanquablement, cette concision évoque Fredric Brown et ses fameux Fantômes et Farfafouilles (Folio SF n° 79).

Lit de mort, Enfant d'eau et Je suis toujours là reflètent le coté tendre de Matheson Jr. Trois bijoux doux-amers afin de prouver qu'il ne se cantonne pas à un genre mais qu'il maîtrise aussi bien l'évocation d'un fantastique poétique que les déséquilibres les plus abjects de l'humain.

En bonus : une nouvelle Matheson Père & Fils

Quand on veut… est une collaboration qui semblait inévitable. Et que pouvait donner du Matheson à la puissance 2 si ce n'est qu'une nouvelle absolument imparable. Si souvent, la qualité première des deux auteurs est de manier le coup de théâtre avec brio, ils sont aussi capables de mener le lecteur où ils le désirent tout en le laissant voir et prévoir tout ce qui va arriver. Quand on veut… fait partie de ses textes où le pouvoir d'évocation est si puissant que l'effet de surprise n'est pas nécessaire pour nous tenir en haleine du début à la fin. Une situation certes déjà vue, " Il se trouvait dans un cercueil ", pour une efficacité implacable.

Dystopia 1 & 2 : que du bon !

Des 32 nouvelles qui composent Dystopia 2, toutes auraient pu être prises ici en exemple. Richard Christian Matheson s'impose comme une valeur sûre, possédant sa propre identité et qui fera sans doute l'avenir du fantastique. Par conséquent, un seul constat pour ces deux recueils : A LIRE DE TOUTE URGENCE.

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