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Gamine

Benjamin Read (Scénariste), Chris Wildgoose (Dessinateur), André May (Coloriste)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Anglais UK
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 17/09/2014  -  bd
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Gamine

Au scénario de cette BD nous retrouvons Benjamin Read, scénariste anglais de comics, mais aussi au cinéma. Sur papier, il a adapté True Grit et Super 8 en comics, et se lance avec Chris Wildgoose dans la trilogie Porcelaine via le collectif nouvellement créé par eux, Improper Books. 

Au dessin donc nous retrouvons Chris Wildgoose, anglais lui aussi, qui travaille comme illustrateur, artiste conceptuel et storyboarder. Il était au côté de Read sur l’adaptation de True Grit et de Super 8, et leur collaboration fructueuse se maintient avec Porcelaine. Il est l’un des membres fondateurs d’Improper Books, et illustre aussi Briar et Butterfly gate, toujours avec Benjamin Read au scénario.

Survivre avec ses compagnons d’infortunes ?

Gamine, jeune fille des rues abandonnée par un père dont elle rêve le retour, n’a d’autre choix que de vivre de petits larcins pour s’en sortir. Accompagnée par ses compagnons d’infortune, elle vole nourriture et babioles pour toucher trois sous, et essaie de trouver un abri où échapper aux policiers lors du couvre-feu. Sa vie bascule lorsqu’un soir elle doit escalader le mur d’enceinte d’une grande demeure, attribuée à un vieux sorcier. Sous prétexte qu’elle est la plus petite et la plus rapide, ses compagnons la désignent. Mais Gamine a peur : personne n’est jamais revenu de cette demeure... Cela vaut il le coup pour quelques couverts en argent ?

La réalité est toutefois bien différente : ce n’est pas un sorcier, mais un modeste alchimiste qui se cache dans ces murs. Seul suite au décès de sa femme, il reste cloîtré dans son domaine et met au point, à force de travail, une invention révolutionnaire. Il crée des créatures en porcelaine pour le servir : chiens, chats, majordome, cuisiniers, oiseaux, tout est envisageable. La franchise, l’humour désinvolte et la fragilité de Gamine le touche. Il lui propose alors de l’héberger et de la traiter comme sa propre fille…

Un premier tome désarçonnant.

En voilà une construction bien particulière ! Ce premier volume sort du format standard de 48 pages, et l’histoire est développée en quelques « chapitres ». Et surtout, l’ensemble pourrait parfaitement être un one-shot à part entière. C’est bien ce qui en fait la force : on ne reste pas sur sa faim, et bien que l’histoire puisse s’arrêter là, on a hâte de découvrir ce que les deux auteurs nous réservent pour la suite, qui s’attaquera à la femme que deviendra la jeune fille, puis à la mère qu'elle sera.

En citant des passages de Dickens et Lewis Carroll, l’éditeur place la barre haut. Mais ce serait un véritable tort de réduire cette BD à ces influences, tant elle se démarque par une ambiance propre et finement développée, originale en somme. On retrouve un conte de fée alliant la joie et la tristesse à une ambiance plus gothique et oppressante. L’angoisse sait se faire sentir aux moments les plus inattendus pour le lecteur, qui est pris de court. Le tout sur un fond de mélancolie et de solitude qui touche nos deux protagonistes principaux.

Le dessin sert le scénario à merveille. On retrouve une véritable recherche graphique dans la représentation des personnages et des créatures, jusqu’aux décors. Chaque élément a été pensé et travaillé pour coller au mieux à cet univers fantastique. Les corps, pas tout à fait parfaits, vont de concert avec les créatures quelque peu difformes. La mise en couleur colle à l’ensemble. Il en ressort une ambiance évoluant entre le conte de fée et l’angoisse, servant aussi bien le scénario que le dessin, et provoquant toute une gamme de sentiments à la lecture.

Pas de faux pas donc dans cette BD originale, qui se démarque par son univers, ses références et son scénario. Un premier tome qui se lit d'une traite, remuant le lecteur au fil des pages...
 

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