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Godkiller

Stan et Vince (Dessinateur), Benoît Delépine (Scénariste)
Langue d'origine : Français
Aux éditions : 
Date de parution : 31/08/2005  -  bd
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Godkiller

Voici la troisième oeuvre indépendante qui associe l’humoriste Benoît Delépine et les dessinateurs Stan et Vince. Benoît Delépine, acteur de 47 ans, s’illustre déjà depuis quelques années sur Canal + en tant qu’auteur et acteur. Ce troisième album-polar se déroule dans le même univers noir et chaotique que les précedents.

Un futur plus vrai que nature

Le récit se déroule en 2044, dans un monde chaotique et manipulé par de nombreuses sectes. En effet, depuis 2026 une affaire a mis au grand jour l’inexistance de Jésus, permettant ainsi a de nombreux mouvements sectaires ou religieux de conquérir le devant de la scène théologique. Une prophétie commune à tous ces mouvements prend le dessus: elle annonce la venu d’un vrai Messie.

Dans ce monde apocalyptique de nombreux jeunes gens disparaissent au sein de sectes diverses, c’est ce qui s’est produit pour le fils d’un multimilliardaire en fin de vie. Donald Westlake fait appelle à Joe “Le Curé” pour mener l’enquête et retrouver son fils au plus vite. Joe, curé défroqué et accroc au crackart a été excommunié quelques années auparavant à cause de sévices sexuels qu’il avait infligé à la petite Oona. Totalement nevrosé, hanté par le souvenir de la jeune fille, cette âme noire va partir en quête, mais en quête de quoi ou de qui?

Ces recherches le mênent au sein des différents mouvements cléricaux dans lesquels Joe a gardé quelques contacts peu recommandables. Mais son passage précède systématiquement le meurtre des gourous ou messies des sectes visitées, quoi de plus normal que de soupçonner ce toxico anarchiste. A croire que Joe serait tombé dans un traquenard visant à définitivement le compromettre.

Graphisme et scénario réussis

Le scénario est riche et l’action très fluide grâce au travail de Stan et Vince, l’illustration est tellement prolifique que cet univers futuriste en devient criant de réalisme. Les “trips” vécus par le curé font l’objet de variations d’oeuvres artisques très appréciables : on retrouve ainsi des oeuvres de Klimt, de Goya et d’autres peintres connus. Bien que les couleurs dominantes soient en accords avec la noirceur de l’intrigue chaque vignette de l’album est un plaisir à déguster.

Le cliché de l’antihéro à son apogée

Le personnage principal n’a rien du jeune premier, le scénario nous montre son côté obscur, son esprit perturbé qui malgré tout captive le lecteur. Bien que la fin soit prévisible, l’intrigue tient en haleine jusqu’au bout. Il faut espérer que cet ouvrage ne soit pas le dernier fruit de la collaboration de ces trois auteurs.

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