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L'Ecorcheur

Jean-Pierre Pugi (Traducteur), Neal Asher ( Auteur)
Langue d'origine : Anglais UK
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 31/05/2008  -  livre
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L'Ecorcheur

 Une fois n'est pas coutume, je voudrais saluer le travail d'illustrateur de Stephan Martinière, qui nous offre ici une sublime couverture. Une couverture qui reflète à merveille l'ambiance du roman.

L’Ecorcheur est un roman étonnant. Car si on ne retient pas l'intrigue ou le déroulement des événement, il nous laisse une multitude d'images en tête, de souvenirs surprenants et étranges à la fois. Neal Asher a su repousser les limites de notre imagination, et rien que pour cela, il faut lire son roman.

L’Ecorcheur fait partie des romans à découvrir en cette année.
 
Premier roman traduit en France de Neal Asher et lauréat du Prix SF Reviews Best Book en 2002, L’Ecorcheur nous entraîne à la découverte d'une planète saugrenue où il ne fait pas bon vivre, un monde original, fantasmagorique et d'une bestialité sanguinaire.

Ecrivain anglais, Neal Asher est aussi l'auteur de quatre autres romans : Gridlinked, The Line of Polity, Cowl et Brass Man. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur l'auteur, rendez-vous sur son site en anglais : www.nealasher.com.
 
"Avoir l'éternité devant soi incite à puiser du plaisir dans l'instant présent."
 
Spatterjay, une planète aquatique hostile où il est plus sage de se tenir éloigné des créatures marines. Quelques rares îlots permettent aux hommes de vivre sur terre, les autres voyagent à bord de bateaux guidés par les voiles, êtres intelligents au corps souple comme une toile.
 
Spatterjay, c'est aussi une planète envahie par le virus des sangsues. Un virus qui ressemble plus à un parasite, transformant les hoopers, habitants de Spatterjay, en êtres quasi-immortels. Il s'introduit dans le  métabolisme humain, transforme le sang en fibre. Résultat: résistance inouïe aux blessures et cicatrisation extrêmement rapide, augmentation de la force physique, réduction de la sensibilité à la douleur, quasi-immunité contre les autres virus.

C’est sur ce petit "paradis" qu'Erlin, biologiste à la recherche d'un vieux capitaine immortel, Keech, un flic ressuscité venu 700 ans après réaliser sa vengeance et Janer, en mission pour les frelons, espèce extra-terrestre communautaire, débarquent. Ils se retrouveront embarqués à la poursuite de l'Ecorcheur, un être mutant dont le corps hante un des îlots tandis que sa tête cherche à fuir du bateau où elle est retenue prisonnière.

"...et des gueules cauchemardesques s'ouvrirent avec grand appétit."

Commençons par les défauts, car défauts il y a. Premièrement : le style exécrable au point de devoir parfois, relire un passage, une page pour être sûr que l'on a bien compris. Des non-sens, des contradictions dans la même ligne. Bref, il faut s'accrocher et réussir à occulter ce gros défaut. Deuxièmement : un scénario linéaire et sans surprise. Le lecteur devine sans mal le déroulement des événements.
 
Alors pourquoi ce livre est-il à découvrir absolument, me demanderez-vous ? Et bien aussi surprenant que cela puisse l'être, malgré le style insoutenable, ce roman se dévore. Neal Asher excelle dans son décor absurde, dans son univers excentrique et hostile à l'homme. Son roman foisonne d'idées, et nous laisse une multitude d'images en tête. Une faune étrange décrite avec précision où les créatures marines, véritables prédateurs, sont elles aussi devenues immortelles. Ainsi, l'auteur décrit une scène de pêche où les marins arrachent la tête et les arêtes des poissons d'un coup de traction, les rejettent dans l'eau pour ne garder que la chair. Les poissons encore vivants vont cicatriser rapidement pour retrouver leurs corps d'avant. Une sauvagerie complètement loufoque.

Neal Asher ajoute à cet univers son humour et décrit avec dérision cette ironie du sort qu'apporte la Nature de Spatterjay. D'ailleurs, l'auteur s'amuse à chaque début de chapitre, à décrire un épisode de la chaîne alimentaire de la faune marine, un épisode qui se révèle être à chaque fois un déchaînement sauvage et sanguinaire du prédateur sur sa proie.  

L'intérêt de ce roman réside également dans les personnages, des personnages étranges et pourtant tellement humains. Eux aussi apportent une atmosphère insolite comme ce flic mi-homme, mi-machine, mort depuis 700 ans, et qui voit sa mécanique lui faire défaut. Ou bien encore ces capitaines vieux de centaines d'années et qui naviguent sur les mers de la planète.

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