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La Dixième planète

Langue d'origine : Français
Aux éditions : 
Date de parution : 31/10/2007  -  livre
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La Dixième planète

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Pour La Dixième planète, novela publiée aux Editions Persée, nous sommes à la marge de la SF. Une quatrième de couverture alléchante, mais un contenu très peu imprégné de culture SF. Un auteur, professeur de mathématiques à la retraite, par ailleurs auteur de romans policiers, qui s’essaye à un genre nouveau pour lui avec une bonne dose de naïveté.

Contact avec Georges Brunetière du lycée Alexandre Dumas

Le trentenaire Georges Brunetière est professeur de français au lycée Alexandre Dumas. Il écrit des poèmes en hommage à Catherine Poulain, professeur de mathématiques, et disparaît subitement le 3 juin, peu avant le bac, au grand dam du proviseur et de sa concierge. Un astronome amateur, Roland Leseigneur, perçoit d’étranges signaux en provenance de l’étoile Pollux et partage sa découverte avec le directeur de l’Observatoire de Paris, Pierre Cartelier.  Des OVNIs sont repérés au-dessus du Brésil. Une expédition est lancée dans la jungle tropicale.

Quel rapport entre tous ces événements ? Le retour de Georges Brunetière nous livre toutes les explications : des extra-terrestres, plus proches de nous que l’on ne pense, entrent enfin en contact avec nous…

Désuet et ingénu

La dixième planète ? Ça commence mal. Depuis août 2006, Pluton a été classée comme planète naine, objet 134340 du catalogue des objets mineurs. Mais Robert Pinel n’est pas familier du genre SF, ni de l’astrophysique, même s’il se pose, en honnête homme, bon nombre de questions métascientifiques : comment dévier un astéroïde de sa trajectoire ? Pourquoi la ceinture d’astéroïdes ? Pourquoi le message de Voyager ? Pourquoi la structure de l’univers ? Pourquoi le subconscient ? Pourquoi la philosophie ?

Le problème n’est pas dans les questions, mais dans les réponses, plutôt farfelues (charge électrique pour expliquer la non-accrétion des astéroïdes de la ceinture, l’emplacement fantaisiste d’une nouvelle planète, la trajectoire retour de Voyager 1, la matière en ligne droite à partir du Big Bang, etc.). Elle feront sourire plus d’un amateur de SF. Les commentaires digressifs, préfreudiens, autour du subconscient sont, eux, d’une grande banalité.

Du côté narratif, l’ouvrage n’est pas une réussite. Tous les personnages, des clones de Brunetière, s’expriment de la même façon. Un langage lent, précis et administratif. Dans leur manière de penser, d’échanger, de vivre, ils semblent venir du fond des années 30. Les prénoms, les noms, les lieux, les choses et les médias (la presse) semblent être figés dans le temps. Sans parler des évocations morales : la discipline, la décadence des arts… Dans le mouvement d’ensemble, on semble partir du particulier (Georges Brunetière) pour arriver au général (la presse et l’Observatoire de Paris), mais, d’une pirouette (Voyager), nous sommes renvoyés à la réalité peu aguichante de Brunetière, puis à des discussions personnelles avec des E.T. désincarnés.

Souhaitons à l’auteur plus d’expérience et plus de réussite dans son prochain ouvrage SF. Il suffirait de lire davantage de nouvelles et de romans du genre et, si le lecteur lui en dit, de consulter plus régulièrement le site ActuSF…

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