- le  

La saison des mutants

Robert Silverberg ( Auteur), Manchu (Illustrateur de couverture), Patrick Berthon (Traducteur), Karen Haber ( Auteur)
Langue d'origine : Anglais US
Aux éditions : 
Date de parution : 31/03/1991  -  livre
voir l'oeuvre
Commenter

La saison des mutants

C'est en 1973, pour honorer une commande un peu tardive, que Robert Silverberg compose, vite fait sur le gaz, une très courte mais très jolie nouvelle, elle aussi intitulée La saison des mutants. Et puis, comme il l'explique lui-même dans l'introduction qui lui est consacrée dans le deuxième tome des Nouvelles au fil du temps, une fois ses feuillets livrés "il n'y pensa plus pendant de nombreuses années".

Premier... et unique tome

C'est là qu'entre en scène le sémillant Byron Preiss. Sorte de prospecteur littéraire, Preiss vit confortablement du commerce de ses bonnes idées. On le rétribue grassement pour souffler aux éditeurs des concepts de séries à succès. Lorsqu'il tombe sur la nouvelle au milieu des années 80, il y décèle, au grand étonnement de son auteur, un potentiel certain. Bantam Books signe pour voir, mais Silverberg n'est pas emballé à l'idée de retravailler l'univers de cette courte nouvelle à demi-oubliée. Qu'à cela ne tienne, il en faut plus que ça pour que Byron Preiss renonce à sa commission. Il propose de confier le travail à un autre auteur. Plusieurs s'y essaient, et c'est finalement Karen Haber, à la ville Madame Robert Silverberg, qui emporte le blot.

Le présent volume, est donc, le premier tome d'une série dont les autres tomes n'ont jamais été réédités en France. A cela une excellente raison. Ce n'est pas bon.

A oublier !

Si toute la délicate harmonie de la nouvelle reposait sur le sens de l'ellipse, et sur, précisément, l'évocation d'un monde bien plus vaste, lorsque Karen Haber enfonce le clou, on se retrouve au final avec mix indigeste de A la poursuite des Slans et des X-men. Rien que de très bateau dans la description de cette communauté de mutants qui lutte pour sa reconnaissance. Clichés et stéréotypes enfilés comme autant de perles en bois sur un collier de tirette à 2 sous.

Le plus désolant est encore de voir un Robert Silverberg qui confesse avoir prêter la main à cette production standard, toute entière calibrée pour le marché américain. Un roman qui devrait sans peine tenir un New-York / Boston en Greyhound, mais qui peinerait à vous garder réveillé sur un Paris / Versailles.

Genres / Mots-clés

Partager cet article

Qu'en pensez-vous ?