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Le Carnaval funèbre

Brice Tarvel (Scénariste), Yves Lencot (Coloriste), Garres (Dessinateur)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Français
Aux éditions : 
Date de parution : 31/08/2005  -  bd
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Le Carnaval funèbre

Brice Tarvel a comme passion l’écriture. Rapidement, il parvient à publier quelques nouvelles dans des divers magazines et anthologies avant de rentrer dans l’écurie Fleuve Noir sous le pseudo de François Sarkel où il publie entre autres Dépression, Silence rouge et La Vallée truquée. Parallèlement, il se lance dans le scénario de bande dessinée pour les éditions Fleurus. En 1990, il publie sa première collaboration avec Aouamri, Sylve (Éditions Arboris). C’est ensemble qu’ils rentrent chez Soleil Productions en 1994 avec Mortepierre qui sort un an plus tard. Depuis, il notamment publié Les Traînes-Ténèbres (Soleil) série récemment reprise par le dessinateur Christian Verhaeghe avec lequel il travaille également sur la série parallèle Les Contes de Mortepierre (Soleil).

Pour ce cinquième tome de la série qui ouvre un nouveau cycle, Tarvel est accompagné d’un nouveau dessinateur, Rafa Garres. Cet auteur espagnol a d’abord travaillé dans le comics américain notamment pour DC Comics sur des épisodes de Slaine.

Pour retrouver Brice Tarvel sur son blog : http://bricetarvel.canalblog.com/

La petite sorcière monte à la capitale

Florie a quitté le village de Mortepierre et vit maintenant à Paris. Entre son bûcheron Garin et le baron alchimiste Valère, elle a choisi ce dernier mais il est déjà reparti en quête de nouvelles chimères à réaliser. Il a enfin réussi à trouver la formule qui transforme le plomb en or, ce qui leur a permis d’acheter cette immense et lugubre bâtisse au cœur de la capitale, baptisée du nom de son ancien village.

Avec elle, Florie a ramené le petit d’ogre qu’elle avait trouvé dans le précédent album. Elle s’en occupe comme s’il s’agissait de son propre fils. Tout pourrait paraître tranquille. La vie de la jolie sorcière va pourtant être de nouveau tourmentée. Alors que la Fête des Fous bat son plein dans les rues de Paris, un monstre rôde à la recherche de Nicolin. Que peut-il bien lui vouloir et surtout qui est-il ?

Un album qui ne soutient pas la comparaison avec les précédents

Premier album de Rafa Garres, qui prend la relève d’Aouamri, et premier tome du second cycle de Mortepierre, Le Carnaval funèbre ne tient pas ses promesses. Le choc est rude pour le lecteur habitué au trait foisonnant, précis et sensuel d’Aouamri. Garres colle pourtant bien à l’univers glauque et monstrueux de Mortepierre. Il est à l’aise dans l’horreur et le scabreux et offre une vision effrayante d’un Paris corrompu parcouru par des rues guenilleuses et par la sarabande infernale de la foule bigarrée de la Fête des Fous. Pourtant, la déception est grande à l’apparition de l’héroïne Florie. Premier constat, qui ravira peut-être la gent masculine, elle passe sans complexe d’un bon 95 D à un 110 F. Ce serait un moindre mal si Garres maîtrisait le reste de son personnage. Ce qui n’est pas le cas. Florie est déformée par une bouche qui lui envahit la moitié du visage, ses jambes sont tellement musculeuses qu’elles paraissent mêmes difformes. Aouamri dessinait avec amour le personnage qu’il avait créé, lui offrait le plus beau des visages, se complaisait à travailler sa chevelure… Là, on a l’impression que Florie passe son temps à rouler des yeux de merlan frit.

Le coloriste Lencot tente, tant bien que mal, grâce à ses couleurs de garder la cohérence de la série mais il ne peut masquer les maladresses de Garres. Tarvel soulignait dans une discussion sur le site des éditions Soleil, que ce dernier dessinait très vite. Peu nous chaud, si c’est pour livrer des albums qui défigurent la série. Là où Aouamri soignait ses décors, ses personnages, Garres va vite, en fait le minimum. Son trait grossier transforme une petite fille en ersatz de Quasimodo et la belle Florie en monstre anatomique.

Du côté du scénario, ce n’est guère mieux. Tarvel semble peu inspiré pour ce début de cycle. Il ne nous épargne aucun des poncifs du genre. Le Moyen Âge à Paris, c’est la Fête des Fous, le Cimetière des Innocents, les termes d’ancien français pour faire « couleur locale » et bien sûr la baronne lesbienne. Ce personnage est d’ailleurs aussi peu crédible, en tout cas son attitude à la fin de l’aventure, que le retour inopiné du grand méchant. Plutôt que de s’essayer à faire du neuf, Tarvel préfère puiser dans les premiers tomes de la série et remâcher de vieux démons. Pas très excitant. Au final, l’on est plus que déçu de ce Carnaval Funèbre qui nous fait nous replonger avec nostalgie dans le premier cycle dessiné par Aouamri.

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