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Le Rire de l’Ancien

Langue d'origine : Français
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 30/04/2004  -  bd
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Le Rire de l’Ancien

André Reina est un jeune auteur autodidacte fan de Claire Wendling, auteur à qui l’on doit la très belle série Les Lumières de l’Amalou (Delcourt). Il publie sa première bande dessinée dans la collection Fantasmagorie chez Clair de Lune. Cette collection a déjà accueilli Dread Mac Farlane de Marion Poinsot, Au Clair de Lune de Crisse, et Maledictis de Stoffel et Pontet, respectivement le scénariste de Pandora (Vents d’Ouest) et d’Arvandor (Vents d’Ouest) et le dessinateur du second cycle des Chroniques de la Lune noire (Dargaud). On attend avec impatience, la parution en octobre 2004 de la bande dessinée Cadavre exquis, une œuvre collective sur une famille touchée par l’ombre des vampires, dont chaque chapitre sera réalisé par un dessinateur différent.

L’éternel combat de la nature et de la culture

Le Duc de Brumëval rentre sur ses terres après quatre années de croisades. Homme avide de pouvoir et de sang, il décide de raser la forêt et de chasser la sorcière qui y habite afin d’agrandir son domaine. Un ancien pacte conclu entre les esprits de la forêt et ses ancêtres en ont interdit l’accès à tout être humain. C’est pourquoi les paysans la craignent et refusent d’aller y chercher les enfants qui régulièrement disparaissent. Pourquoi la sorcière les enlève-t-elle ? Qui est l’étrange être, surnommé l’Ancien, qui règne sur ces bois ? Le Duc en lançant ses hommes en armes ne va-t-il pas commettre l’irréparable ?

Une bonne bande dessinée desservie par une colorisation bâclée

Drôle d’impression lorsque l’on referme Le Rire de l’Ancien. La bande dessinée a de sérieux atouts mais ils ne semblent pas avoir été exploités à fond. L’histoire par exemple a de bonnes bases, on se laisse facilement prendre par l’univers médiéval que crée Reina, le personnage de la sorcière est énigmatique à souhait et le mystère des enfants kidnappés trouve une résolution inattendue. Cependant, l’intrigue aurait pu être un poil plus dense, certains éléments sont à peine effleurés pour disparaître aussitôt. Il est à parier qu’un développement de l’histoire sur deux tomes, ou même quelques pages supplémentaires - le cadre des 48 pages étant par trop étriqué -, lui aurait été encore plus bénéfique. Reina aurait eu l’opportunité de mieux poser ses personnages, de déployer son intrigue pour lui donner plus d’envergure. Les dessins retranscrivent bien l’atmosphère de mystère et de magie. La forêt se fait oppressante lorsqu’elle est attaquée, on la sent menaçante et prête à tout. Les couleurs malheureusement gâchent tout le plaisir de ces planches. Le plus souvent fades, elles se font criardes lors de scènes de combat, à tel point que la bande dessinée en devient pénible à lire. La critique semblera un peu dure, peut-être est-ce parce que l’on sent un potentiel plus vaste que cette première publication. André Reina a certainement plus de ressources que ce qu’il offre dans Le Rire de l’Ancien.

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