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Les Tours du Crépuscule – Tome 1

Laurent Calluaud (Traducteur), L.E. Modesitt ( Auteur), Florent Maudoux (Illustrateur de couverture)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Anglais UK
Aux éditions : 
Date de parution : 31/03/2006  -  livre
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Les Tours du Crépuscule – Tome 1

L.E.Modesitt est bien connu comme auteur de Fantasy outre-atlantique. Entre autres, on lui doit la Saga de Recluce (13 romans à l'heure actuelle), The Spellsong Cycle (5 tomes), The Corean Chronicles (5 tomes aussi). Il a aussi écrit une trentaine de livres de science-fiction, souvent regroupés par cycles comme ses histoires médiéval-fantastiques. Il est encore très peu publié en France, mais Mnémos s'est lancé dans la saga de Recluce en sortant déjà trois tomes. Les Tours du Crépuscule est le quatrième volume publié. Notons que selon l'auteur, il s'agit du second tome de la série et qu'il semble tenir à ce que ses romans soient lus dans l'ordre dans lequel il les a écrit.

Voyage initiatique

Sur le Toit du Monde, les femmes gouvernent seules, une prophétie prédisant les pires malheurs si les hommes viennent un jour à prendre le pouvoir. Guerrières hors pair, les gardes de Vent d'Ouest veillent sur leurs frontières tandis que les hommes paradent en beaux habits dans les châteaux. Creslin, fils de la maréchale de Vent d'Ouest, est un homme à part dans ce lieu. Entraîné au combat comme les femmes de la forteresse, portant l'épée, érudit et ouvert, il s'est en plus découvert un don : il sait commander aux vents. C'est une capacité magique qu'il vaut mieux cacher à la Cour de sa mère. Alors que se profile à l'horizon la perspective d'un mariage hautement diplomatique, l'idée de n'être qu'un ornement pour son épouse ne l'enchante guère.

Refusant son destin futile de prince consort, il s'enfuit, se servant de sa magie pour disparaître. S'ensuit un long périple, au cours duquel il découvre le monde des plaines et les gens qui le peuplent, loin de ses montagnes natales, dans des royaumes gouvernés par les hommes. Les dangers abondent : des magiciens comme lui convoitent ou craignent son pouvoir. Agissant dans l'ombre puis plus ouvertement, les sorciers blancs et noirs le traquent. En cours de route, ils parviennent à le réduire en esclavage. Lorsqu'enfin il recouvre la liberté, ce n'est que pour mieux plonger au coeur d'enjeux politiques qui le dépassent.

Un livre inégal

L'histoire commence d'une manière surprenante, ce qui est agréable en fantasy car tout semble déjà avoir été écrit dans ce genre littéraire. Les femmes règnent et les hommes de la haute noblesse sont destinés à une existence oisive et futile. Les mages « blancs » servent le chaos et la destruction tandis que les « noirs » soignent et servent l'Ordre. Bouleversant tous les codes et les habitudes, L.E.Modesitt nous plonge dans un questionnement des fondements même de nos certitudes de lecteur.

Mais rapidement, il est clair que tout ceci n'est que poudre aux yeux, une introduction, un simple moyen de se démarquer. L'aventure retrouve un rythme et une structure beaucoup plus classique et prévisible lorsque le monde retrouve une « normalité » plus machiste. Le héros, innocent et crédule, se laisse manipuler et guider le long de ce qui apparaît être son destin inéluctable, lié à une antique et obscure prophétie sur la chute des Anges. Les forces du Bien et du Mal tournent autour de lui tandis qu'il ne cherche que la paix et la liberté. Seuls ses pouvoirs, évidemment incroyablement puissants et qu'il ignorait jusque là, lui permettent d'échapper à chaque fois à la mort violente souhaitée pour lui par ses ennemis.

Ce tome ne présente que la moitié de l'histoire, mais déjà la suite est prévisible. Chaque élément des classiques du genre étant en place, les bons, les méchants, la femme et le territoire qui deviendra son Royaume une fois l'adversité terrassée et sa promise conquise. Il faut bien sûr attendre la fin de ce roman (le second tome) pour conclure réellement sur sa valeur, mais d'ores et déjà il apparaît comme un énième avatar de l'épopée héroïque de cape et d'épée qui mène malgré lui un homme prédestiné jusqu'à une gloire qu'il ne souhaitait pas pour lui-même.

Les inventions du début du texte, qui semblaient intéressantes, se révèlent en fait n'être que de façade. A la fin, il reste l'impression que l'auteur n'a pas grand-chose à nous raconter. On s'ennuie au récit des combats que le héros ne peut pas perdre, de sa magie qui le sauve inévitablement et des magouilles diplomatiques des uns et des autres. Il est rapidement évident que toute opposition sera vaine, puisque le destin en a déjà décidé autrement. C'est vraiment dommage car le début augurait de bien mieux que cela.

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