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Les Vents du changement

Isaac Asimov ( Auteur), Monique Lebailly (Traducteur)
Langue d'origine : Anglais UK
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 31/10/2001  -  livre
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Les Vents du changement

Voici un court recueil regroupant onze nouvelles du Bon Docteur. Dans sa forme, il est à rapprocher de Nighfall*. En effet l'auteur introduit chaque texte par une mini-préface dans laquelle il explique sa genèse et donne au lecteur quelques anecdotes. On découvre ainsi un Asimov sûr de lui et de son génie, à la limite de la suffisance, imbu de lui-même… Mais bon, tout le monde n'a pas révolutionné un genre littéraire à l'âge de 20 ans…

Deux très bonnes nouvelles

Dans Il arrive, on retrouve Multivac, le giga-ordinateur qui a bien mûri depuis La Machine qui gagna la guerre (in Jusqu'à la quatrième génération*). L'humanité se trouve confrontée à une menace extraterrestre : un OVNI s'approche précédé d'un message de mort dont le décryptage est la condition sine qua non à la survie de l'humanité. Multivac est mis sur le problème, trouvera-t-il la clef de l'énigme (Tan-Tan-TAN ! ! !)? Une conclusion percutante et cynique comme les affectionne Asimov. Le premier est sans doute un des deux meilleurs textes du livre. L'autre excellente nouvelle est Rien pour rien. Débarquant sur Terre en 15000 av. J-C, une race extraterrestre découvre l'humanité et son art rupestre. L'échange qui en résultera changera la face du monde (le nôtre évidemment).

Comparé à ces deux-là, les autres nouvelles font pâles figures malgré la bonne idée d'Un châtiment sur mesure où dans un avenir pas si improbable l'analphabétisme est de ne pas savoir se servir d'un ordinateur. Une Soirée de chant et Un sourire qui coûte cher se rattachent au cycle d'Azazel, les péripéties de ce micro-démon aux cadeaux empoisonnés n'emportent guère l'adhésion. Asimov s'essayant au fantastique… bof**. Pour le reste, deux histoires de voyages dans le temps, une short story et quelques autres qui sans être mauvaises restent très banales.

Agréable mais sans plus...

Avec ces textes courts, dans la lignée de Nightfall (1969), mais en moins bon, Les Vents du changement (1983) reste d'une lecture agréable. On ne remarque aucune différence entre les deux recueils écrits avec une dizaine d'années d'écart. L'auteur n'a plus à innover, il est à l'apogée de son art et surtout de sa réputation. Il ne semble pas désirer se remettre en cause et écrit sur commande. Asimov's stories 30 minutes, Bonjour !

On est bien loin des fameux cycles des Robots et de Fondation. Si vous voulez savoir ce que le maître a écrit de mieux à part ça, il faudra attendre la réédition du fameux Nightfall (avec lequel je vous bassine depuis le début de cette chronique) qui contient le célèbre Quand les ténèbres viendront, un véritable bijou. Espérons que Folio SF nous sorte rapidement des tiroirs de feu PdF (en un seul volume de préférence, comme l'édition originale, ça serait parfait, d'avance merci).

En bref, avec ses 185 pages péniblement comblées, seules deux nouvelles vous laisseront un souvenir durable, soit une quarantaine de pages à tout casser. Les Vents du changement, c'est un peu comme un produit Light : le meilleur a été remplacé par un ersatz, c'est pas vraiment bon - on le sait - et on achète quant même en croyant se faire du bien...

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