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Porcelaine

Amandine Labarre (Illustrateur de couverture), Estelle Faye ( Auteur)
Langue d'origine : Français
Date de parution : 31/12/2012  -  livre
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Porcelaine

Estelle Faye est née en 1978. Après des études de théâtre à Paris et à San Francisco, elle va scénariser plusieurs courts métrages dont l’un sera récompensé par le prix France Télévision au Festival de Cannes. Ses débuts d’écriture se font avec La Dernière Lame, roman paru en 2012 dans la collection Pandore (éditions du Pré aux clercs). Porcelaine est son second ouvrage.

Un protagoniste à l’histoire singulière

« L’air sent la sève des pins qu’on abat, plus haut dans la montagne, pour alimenter les fours à céramique. »

Dans les monts du Hunan, Xiao Chen est le fils unique d’un potier talentueux. Pour aider son père à réaliser la sculpture parfaite, Xiao Chen va chercher du bois dans une forêt enchantée, et en ressort porteur d’une lourde malédiction. Il arbore désormais une tête de tigre. Il est alors banni de son village, et va rejoindre une troupe de comédiens errants un peu particulière… Ses pérégrinations dureront plus de mille ans. Il épousera alors Li Mei, une jeune tisseuse, fille d’un riche marchand de soie. Mais, au cours de sa très longue existence Xiao Chen a connu une autre femme, une fille-fée nommée Brume des Rivières, qui n’est pas prête à le laisser partir.

Une grande fresque aventureuse et romantique

Ce roman nous entraîne avec poésie à travers la Chine médiévale, ses coutumes, ses légendes et ses mystères. L’histoire d’amour, bien que centrale et placée dès le sous-titre du roman (Légende du tigre et de la tisseuse) est un peu convenue et sans grande surprise. Elle laisse cependant place à bon nombre de scènes d’action et de descriptions poétiques, pour le plus grand bonheur du lecteur.

Les siècles défilent mais l’intérêt demeure. Estelle Faye propose un récit minutieusement dosé et documenté, parfois lyrique, parfois émouvant mais toujours fascinant. Les personnages sont de vrais personnages de conte (avec leur dose d’archétype), les aventures savoureuses, l’évocation du théâtre et du métier de costumier saisissante et le roman se dévore d’une traite.

« Nous nous transformons au gré du temps et des rôles, nous autres comédiens. Mais certains plus que d’autres. »

Un petit bémol subsiste cependant : on ne peut que regretter le passage très rapide sur les mille ans vécu par Xiao Chen et certains de ces compagnons, avant qu’il ne rencontre Li Mei. Une partie consacrée à ces années aurait été la bienvenue, ne serait-ce que pour prolonger le charme incroyable de toutes ces évocations aventureuses empreintes de magie, de couleurs et de dépaysement.

Au final, c’est de la fantasy imaginative et exotique que nous propose ce roman. Sa grande force est de partir d’une histoire universelle pour en faire un roman exceptionnel, que l’on lit d’une traite. Et si la Chine et ses légendes vous intéressent, jetez également un œil à Barry Hughart et aux aventures de Maître Li et de Bœuf numéro dix.

Amateurs de fantasy, d’histoires d’amours éternelles, de mûriers sauvages ou simples curieux n’hésitez plus : ce livre est fait pour vous. En plus c’est un très bel objet, à la couverture magnifique.
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