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Requiem pour Elfe Noir

Marc Simonetti (Illustrateur de couverture), John Gregan ( Auteur)
Langue d'origine : Autres
Aux éditions : 
Date de parution : 30/04/2008  -  livre
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Requiem pour Elfe Noir

John Gregan est un auteur hongrois qui a passé trente ans de sa vie en Angleterre. En 1992 il retourne dans son pays d'origine et écrit dans sa langue natale plusieurs essais et nouvelles. Avec Requiem pour elfe Noir, il montre sa capacité à jouer avec les codes et les genres littéraires.

Après l'Apocalypse

Un monde futur, proche. La Terre est devenue invivable, le désert recouvre tout tandis que la mer, devenue huileuse, est elle aussi morte. Les humains sont partis, disparus... Ils ont laissé intactes leurs constructions, leurs infrastructures et tout leur matériel.
Poussés par l'avancée du sable rouge qui détruit la vie sur terre, les créatures mythologiques n'ont plus comme dernier recours que le Ghetto, ancienne banlieue humaine d'un ville fortifiée et gardée par des robots intouchables. Là , tous ces êtres, elfes, trolls, lutins et autres attendent la fin, la mort de la Terre dans une ambiance noire et mélancolique, reproduisant comme en écho les pires déchéances de leurs anciens dieux, les humains.
Alfar est un elfe noir. Rejeté par les siens, il erre dans le Guetto et s'intéresse à la mort du dernier lutin. Qui l'a tué, pourquoi ? Se poser ces simples questions va l'opposer au maître de la mafia féérique, à la Reine des elfes noirs et à nombre de créatures qu'il n'imaginait même pas. N'est-il qu'un jouet, ou son destin est-il d'être une figure de proue, un héros qui, malgré lui, changera à jamais la vie des êtres abandonnés des vénérés humains ?

Une fable sombre mais belle

John Gregan joue avec les univers, mêlant adroitement la mythologie féérique avec une atmosphère post-apocalyptique lourde et angoissante. A première vue, les différences entre la magie et la technologie finissante sont telles que la sauce devrait avoir du mal à prendre. Pourtant, l'auteur arrive avec bonheur à nous entraîner dans ce qui semble un long délire, une sorte de mauvais trip aux couleurs ocre et sombre.
Taillé comme une sorte de polar noir, le livre nous conte un voyage, une marche au bout de soi-même, une recherche de la rédemption. Mais surtout, cette course d'Alfar à travers le Guetto sert aussi de fil conducteur pour nous faire visiter ce monde imaginé par Gregan. Un monde terrifiant car si proche du notre...
Car le fond, le vrai sujet de ce livre, c'est l'écologie. En nous brossant un tableau définitivement desctructif de l'avenir de notre civilisation, l'auteur en pointe tous les défauts, les dérives et les excès. Que ce soit pour décrire une piste de ski autour d'un immeuble, les résidus d'huile d'un cimetière de voiture ou la déchéance morne de la pornographie, il n'hésite jamais à grossir le trait, à mettre en lumière les endroits où nous sommes fautifs.
Mais attention, ne pensez-pas qu'il y a ici un discours moralisateur ou engagé. Non, juste une peinture, une toile de fond qui reste imprégnée dans nos mémoires tandis que nous suivons Alfar, souffrons avec lui et observons avec des yeux d'enfants la destruction du monde des hommes. Gregan arrive à faire passer ses idées sans les mettre en avant, ce qui permet plusieurs lectures de l'ouvrage.
Un livre à lire autant pour le fond que pour la merveilleuse fusion entre les univers qu'il arrive à créer.
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