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Tank Girl - The Odyssey

Peter Milligan (Scénariste), Jamie Hewlett (Dessinateur)
Cycle/Série : 
Langue d'origine : Anglais UK
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 30/09/2010  -  bd
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Tank Girl - The Odyssey

Créé à la fin des années quatre-vingt par Alan Martin et Jamie Hewlett – mieux connu depuis quelques années pour avoir mis en images l'univers du groupe Gorillaz –, le personnage de Tank Girl fit sensation au cours de ses apparitions dans Deadline, magazine anglais offrant une tribune aux jeunes talents de bandes dessinées. À la base tête-brûlée de l'armée australienne parcourant le bush afin de traquer les criminels kangourous, elle devient au fil des épisodes une fugitive semant la terreur et la pagaille partout où elle passe, à bord de son tank de toute dernière génération, un pack de bière sous le coude, une énorme pétoire en main et accompagnée de son crew, composé notamment de Booga le kangourou, Jet Girl et Sub Girl, demoiselles tout aussi déjantées, mal élevées et irrévérencieuses que leur amie.

En 1995, la bande dessinée fera l'objet d'une adaptation cinématographique (avec Lori Petty, Naomi Watts, Ice-T à l'affiche ; vive les années 90...) qui sera un cuisant échec commercial. La même année, Peter Milligan se voit proposer d'écrire la première histoire au format d'une bande dessinée classique de Tank Girl. Publiée en quatre épisodes, elle transpose les personnages imaginés par Alan Martin dans une aventure inspirée de L'Odyssée d'Homère et de sa réécriture par James Joyce (Ulysses).
C'est cette BD que les éditions Ankama font paraître pour la première fois en France, après avoir, en 2010, réédité l'intégrale en trois volumes des aventures de Tank Girl parues dans Deadline.

Du Tank Girl en moins bien

Tandis que Tank Girl est retenue en Irlande – avec son consentement – par l'armée irlandaise de Calypso et s'engraisse en mangeant tout ce qu'on lui met sous le nez, Booga est resté en Australie, où il est courtisé par des producteurs d'Hollywood qui veulent lui faire signer un contrat pour quatre films, sans l'accord de Tank Girl. Télé, le fils du kangourou et de la jeune femme, homme-télé, réussit à prévenir sa mère qu'elle doit rentrer au plus vite en Australie. S'évadant de la prison gastronomique irlandaise où elle s'est enfermée, Tank Girl reconstitue son crew, et part pour le pays des marsupiaux. Mais c'est sans compter sur un accident... fatal. Heureusement, la mort n'est pas définitive et la mère de Tank Girl lui explique comment ressusciter, en échange de lui fournir ce moyen (au passage il s'agit d'un vent – entendre un pet – capable de ranimer les morts et créé par un certain Albert Einstein Olus), afin qu'elle puisse danser sur la tombe de son défunt et exécré mari. Mais Tank Girl ne tient pas sa promesse et sa mère la maudit, compliquant son retour à la maison...

Tank Girl et ses compagnons de route – ses deux amies habituelles, auxquelles s'ajoutent des personnages inspirés de l'équipe ayant travaillé sur la bande dessinée, dont le scénariste, le dessinateur et les responsables de la publication de la version originale – devront donc affronter de nombreux dangers, le sort s'acharnant sur eux, bien aidé par l'inconstance de cet équipage de brutes aux airs de gentils punks : rencontre avec des producteurs d'Hollywood cannibales, les borgnes du Cyclops Hotel, des sirènes gothiques aux riffs de guitares envoûtants, et cætera. Les épisodes les plus célèbres de l'Odyssée d'Ulysse d'Ithaque sont ainsi passés à la moulinette irrespectueuse qui fait le charme de Tank Girl et avec le ton dérisoire de l'adaptation joycienne.

Le résultat est violent, vulgaire, crados et amusant, comme toute aventure de Tank Girl qui se respecte. Toutefois, cette épopée est moins percutante que les histoires scénarisées par Alan Martin, sans doute à cause de sa longueur, moins adaptée au ton irrévérencieux habituel de la série. Peter Milligan n'en oublie pas pour autant d'égratigner tout un tas de références littéraires et musicales et des membres du gotha des années 90. Quant à Jamie Hewlett, il signe des dessins qui ne sont pas aussi bons que ceux auxquels il nous avait habitués, la mise en couleur n'arrangeant pas les choses en réduisant la qualité de son coup de crayon – une constante pour toute la série, les épisodes en noir et blanc ayant toujours été graphiquement meilleurs.

Reste une bande dessinée plaisante à lire, à réserver à ceux qui connaissent Tank Girl et aiment ce personnage de punkette dévastatrice. Les autres lecteurs devraient plutôt commencer par les épisodes signés Hewlett et Martin, disponibles chez le même éditeur.

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