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Trois essais pour cogiter en ce début d'année.
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Trois essais pour cogiter en ce début d'année.

Si on peut de nombreux récits de science fiction et de fantasy tous les mois, les littératures de l'imaginaire proposent régulièrement des essais pour réfléchir à nos genres. Voici trois titres à ne pas manquer en ce début d'année pour faire cogiter nos neurones.

Traduire au futur d'Alice RAY. Le Bélial', collection Parallaxe.
Quand la traductologie rencontre la science-fiction

Qu’est-ce que la traduction ? Tout à la fois une interface entre les langues, un processus linguistique au sein d’un contexte social et historique, le reflet de deux cultures qui s’entrechoquent le temps d’un texte ou d’un film. Toujours à la recherche de l’équivalence parfaite, la traduction pose l’éternelle question de l’adaptation. Cela, à plus forte raison en science-fiction. Entre créativité et respect du propos original, les traducteurs sont essentiels à plus d’un titre. Comment la traduction de la SF s’avère un élément structurant de ce genre littéraire et cinématographique ? Comment les auteurs créent de nouveaux termes et comment ces derniers sont traduits ? Et qu’en est-il des œuvres mettant en scène des langues futures ? Alice Ray, traductrice et maîtresse de conférence à l’Université d’Orléans, met ici en lumière ce travail de l’ombre qu’est la traduction : rendre accessible ce qui n’existe pas encore tout en préservant la cohérence d’un monde fictionnel, et bâtir un pont entre les mondes imaginaires. Traduire ailleurs et demain, oui… mais ici et aujourd’hui.

COGIPpunk : comment le monde est devenu une dystopie discount de Benjamin PATINAUD. Au Diable Vauvert

« Bienvenue dans un open-space liminal où des larbins en costard présentent des PowerPoint ringards pour vendre des idées de merde futuristes à des tyrans médiocres.
Bienvenue dans la dystopie la plus nulle.
Bienvenue dans le COGIPpunk. »

Mégacorporations de la tech dirigeant le monde, mégalopoles livrées à la violence et aux inégalités, univers virtuels, robots, IA, algorithmes de surveillance… tout se passe comme si nous avions réalisé les pires cauchemars du cyberpunk.
Pourtant quelque chose cloche. Où sont les voitures volantes, les bras bioniques ? Où sont les gangs de cyborgs à crète et blousons cloutés s’affrontant sur des motos futuristes ?
Terrible désillusion : nous avons la dystopie, sans le côté cool. À la place, des Métavers déserts, des Cybertrucks moches et des Big Brothers sortis de BDE d’école de commerce.

Benjamin Patinaud signe un essai pop et mordant sur notre futur déjà raté, abimé par le capitalisme — celui des applis en abonnement, des IA dépressives et du PowerPoint.
S’inspirant de la science-fiction, des cultures pop et internet, mais aussi des visionnaires de la Silicon Valley et de la politique, il interroge la faillite de notre imaginaire collectif et tente de répondre à une question : Comment avons-nous bien pu en arriver là ?

Génération body horror Morgane CAUSSARIEU & Fleur HOPKINS-LOFÉRON. Nouvelles éditions Actusf

Julia Ducournau et Coralie Fargeat ont électrisé la critique et remis au goût du jour le genre du body horror, longtemps fief masculin considéré comme outrancier, à travers des œuvres-cultes comme La Mouche de David Cronenberg et Society de Brian Yuzna. C’est parce que l’horreur corporelle possède une histoire bien plus riche que ces seuls noms illustres, en littérature comme au cinéma, que le projet d’écrire Génération Body Horror s’est imposé aux passionnées d’horreur Morgane Caussarieu et Fleur Hopkins-Loféron. Leur projet à quatre mains porte une ambition assumée : explorer l’histoire de l’horreur viscérale dans ses moindres recoins, du XIXe siècle à nos jours, exhumant au passage des pépites méconnues, mais aussi interroger combien cette grammaire du corps se donne à voir, ces dernières années, comme un territoire privilégié pour penser la marginalité et laisser exploser sa rage. Morgane Caussarieu est une des grandes voix de l'horreur en France. Elle revisite et modernise à travers ses fictions, comme Dans tes veines, Vertèbres ou bien encore Festin de larmes (avec Vincent Tassy), les grands mythes de l’imaginaire, du vampire à la vouivre. Historienne des arts et chercheuse indépendante, Fleur Hopkins-Loféron est une grande spécialiste de la pop culture et l'autrice de plusieurs ouvrages de référence dont Voir l’invisible. Histoire visuelle du mouvement merveilleux-scientifique (1909-1930) et Dark romance : guide amoureux.

 

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