Jaillie de l’ombre du Soleil, la comète noire DU3 se dirige droit vers la Terre. Une collision semble inévitable, ce qui provoquerait une véritable Apocalypse. Un jeune spécialiste de l’aéronautique, Ben Schwartz, est nommé à la tête d’une équipe internationale censée trouver le moyen de faire dévier l’énorme bolide céleste de sa trajectoire. Réunis sur la base de Kourou en Guyane, coupés de leurs proches, des hommes et des femmes de tous horizons rivalisent d’ingéniosité pour affronter ce défi sans précédent. Mais contre toute attente, ce n’est pas l’exploit technologique qui se révèle le plus difficile ; en temps de crise, les passions humaines s’exacerbent, comme sur ce bateau brise-glace en route vers l’Arctique où un photographe baroudeur se rapproche d’une biologiste solitaire. Alors que le temps vient à manquer, chacun se montre sous son vrai jour.
Une nouvelle autrice pour un thème classique
On ne connaît pas encore Claire Holroyde et c’est normal : La comète est son premier roman, publié chez Gallmeister l’année dernière. Son thème ? Une comète se dirige vers la Terre, la collision semble inévitable. Un thème donc déjà traité : songeons au cinéma avec des films comme Meteor de Ronald Neame (avec Sean Connery et Nathalie Wood), Armageddon ou Deep Impact. Que nous apporte ici Claire Holroyde ?
Un roman choral
L’histoire s’intéresse à plusieurs personnages qui vont devoir affronter cette tragédie. D’abord Ben Schwartz, un scientifique embarqué par les Nations-Unies, flanquée de sa femme Amy. Il y a Jack, un photographe embarqué sur un bateau brise-glace en direction de l’Arctique. Comptons aussi Love, une traductrice qui a dû laisser derrière sa petite amie Rivka à New York. Et puis il y aura Zhen, une scientifique chinoise qui apportera une solution au problème de la comète (non, je ne spoilerai pas). On découvre leur histoire et comment leurs vies bifurquent dangereusement.
L’homme est le pire ennemi de l’homme
La comète se révèle un roman addictif et peut être lu en une soirée tellement on est happé par le sujet. Il y a d’abord l’aspect « compte à rebours avant l’impact » qui joue. Surtout, Claire Holroyde nous offre une description très noire de notre société. Celle-ci s’effondre littéralement dans les mois précédant l’impact, la civilisation craque devant la peur de la catastrophe pendant que les scientifiques de Kourou tentent le tout pour le tout pour dévier la comète. Au final c’est assez angoissant et cela correspond aussi à l’état d’esprit de notre société, frappée par le COVID et travaillée par l’angoisse des conséquences, qui s’annoncent désastreuses, du réchauffement climatique. Sans être un grand roman (certains passages sont redondants), La comète est LE roman de notre temps si particulier. Laissez-vous tenter.
Sylvain Bonnet