Quondonia, civilisation sous la croûte terrestre en proie à un refroidissement apocalyptique, a décidé de se rapprocher de Solaria – l’humanité telle que nous la connaissons en surface –, afin de procéder à un échange lunaire. Car échanger le satellite naturel de notre planète contre celui qui gravite au centre de la terre permettrait d’inverser les effets du réchauffement climatique à l’extérieur de notre planète et de sa glaciation à l’intérieur.
Pour mener à bien cette mission, une équipe de Quondoniens et de Solariens s’associent pour convaincre les dirigeants de la nécessité de cet échange par des discours dignes de Greta Thunberg (elle est un des personnages du roman). Mais ils n’avaient pas prévu de devoir affronter à la fois un savant fou, prêt à ouvrir la terre en deux, et des créatures capitalistiques monstrueuses martyrisant la population sous-croûte…
Le climat des uns et le problème des autres
Eamon essaie d’écrire de la fantasy et survit tant bien que mal avec sa femme Dalia. Il est loin de se douter que vit une civilisation sous la surface de la Terre, Quondonia, en proie à…un refroidissement climatique galopant, à cause de leur satellite qui gravite au centre la Terre (?). Ils contactent la surface et les Solariens (le nom qu’ils nous donnent) pour échanger nos satellites, arrêter le refroidissement du centre et stopper le réchauffement de la surface. Et Eamon se retrouve au centre de tout, avec un savant fou qui veut couper la Terre en deux. De quoi donner de l’inspiration !
Une satire
Inutile de chercher dans Le Monde et vice versa des hypothèses scientifiques solides, la démarche de James Morrow, auteur d’En remorquant Jéhovah et de L’arche de Darwin, est autre. Il nous offre un miroir déformant de notre société et de ses débats sur le réchauffement climatique en cours (on se dirige vers une hausse de + 3 degrés d’ici la fin du siècle par rapport au début de l’ère industrielle). Et il faut bien dire qu’on s’intéresse à ce roman parfois ardu, non exempt de longueurs, didactique aussi mais truffés de moments drolatiques. Comme la Terre creuse change beaucoup ici ! Un peu de rire peut soulager face au monde qui vient fait du bien.
Sylvain Bonnet