Sur l'île de Cocanha, la vie est préservée de toute souffrance grâce à une terre fertile, un océan généreux, un soleil aussi doux qu'éclatant. Mantone le sait et l'a toujours su, lui qui est né ici : il n'existe aucun pays plus agréable. Alors pourquoi s'est-il soudainement réveillé de l'autre côté, dans un reflet difforme de son foyer chéri ? Une Cocanha desséchée, sans couleurs ni lumière, habitée par des fantômes et des êtres-poissons bien différents des visages familiers à Mantoue... que toutes les nuits ramènent " dessous Cocanha ". Guidé par un attendrissant hommerlu, il rêve d'un monde où tout retourne à la bonne place... Un récit qui traite de la surexploitation et de l'accaparement des ressources avec humour et sensibilité.
L’enfer sous le paradis
Mantone vit sur l’île paradisiaque de Cocanha, où la vie se déroule bien. Ouais, en fait, il n’y a aucun problème. Mais le voilà qui se réveille dans un endroit sombre, sec, sans couleurs. A la place des humains, il découvre des êtres-poissons et aussi beaucoup de fantômes. Chaque nuit, Mantone découvre en fait « Dessous Cocanha », l’envers du décor de son île paradisiaque qui, elle est « dessus ». En fait il y a une injustice criante entre le monde du dessus et le monde du dessous et Mantone va essayer d’y remédier, malgré l’incrédulité de ses congénères…
Une parabole de notre temps
Elisa Beirma, auteure de Rêveur Zéro, donne ici une histoire pleine de références à notre époque, avec ces habitants du dessus qui n’ont aucune conscience de ce qui se passe en dessous : cela nous rappelle la dichotomie pays du nord/ pays du sud où les fractures de notre société tout simplement. C’est parfois drôle, parfois un peu confus mais au final touchant et percutant. A lire donc et à noter que « cocanha » veut dire en occitan cocagne…
Sylvain Bonnet