L'avis de Don Lorenjy sur les salons

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Pour le ton de l'article, je ne sais pas, mais j'essayais de me le chanter en anglais et j'avais l'impression de lire du Scalzi.

Pour le fond, je me suis fais une idée, voire plusieurs :
Dès qu'un auteur parle de fric, ça déclenche tout de suite des réactions étranges et extrêmes.

Je vais sur les salons où on m'invite (= défrayé) pour rencontrer des gens parce que j'aime ça (lecteurs, autres auteurs, éditeurs, organisateurs, passionnés du genre...) donc je ne demande pas à être payé pour ça. Si un organisateur de salon exige de moi une soumission et une disponibilité totales, je lui propose juste un devis sur les bases de mon tarif horaire au service (total) de mes clients et en général la discussion s'arrête là.

J'ai croisé un auteur pro qu'on avait attiré sur un salon en lui proposant des interventions rémunérées qui ont finalement été annulées : l'auteur a annulé aussi et je le comprends. J'en ai croisé un autre qui a fait payer toutes ses interventions en tant qu'auteur à partir du moment où il a décidé qu'il ne gagnerait sa vie que comme auteur, et je le comprends. Aucun des deux ne faisait de prosélytisme et ne se plaignait des auteurs "gratuits" qui cassent le métier. En revanche, quand j'apprends qu'un auteur à succès se fait payer pour apparaître sur un salon, je me dis qu'il gagne peut-être déjà assez de thunes et pourrait soit refuser, soit accepter à condition que tous les auteurs soient payés.

Un salon est une opération profitable pour une municipalité (animation et/ou communication) dont le budget prévoit de rémunérer certains intervenant (loueurs de matériel, animateurs...) mais pas les auteurs qui sont pourtant le coeur de l'offre, peut-être parce que les auteurs y trouvent aussi leur compte.
En revanche (et j'ai du mal à écrire ça après l'opération Save NeverLand mais tant pis) les signatures organisées par les grosses librairies sont des opérations purement commerciales où l'auteur pourrait revendiquer une part des recettes (ou au moins qu'on le lâche un peu sur le thème "Vous en avez vendu combien ? Seulement ?! Faut faire un effort, bougez-vous un peu, quoi !"). On peut être commerçant tout en gardant une certaine élégance.

Bref, j'estime qu'une opportunité de rencontres comme un salon vaut le coup (coût ?), je remercie ceux qui leur permettent d'exister tout en gardant à l'esprit qu'ils ont aussi à y gagner, et je ne vois pas pourquoi un auteur ne pourrait pas accorder sa participation sous certaines conditions puisque je fais pareil (même si ces conditions ne sont pas d'ordre financier, mais plutôt d'organisation ou d'ambiance).

Virprudens a écrit:

Donc quand un auteur fait un trucs qui l'empêche d'écrire il devrait être rémunéré ?
Wow.

Bon.

Ok.

Un auteur pro, une balle.
A mes clients qui me demandent pourquoi j'inclus le temps de trajet dans mon devis horaire pour les accompagner en présentation, je réponds en général "Je ne vous fais pas payer le temps que je passe avec vous, mais le temps que je ne passe pas à travailler pour un autre". Ils me regardent bizarre, mais ils comprennent (et ils ne me demandent de les accompagner que quand c'est vraiment indispensable).
Un rédacteur pro, une balle !
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