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Date de parution : 26/10/2020
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Les Testaments (Margaret Atwood)

15 ans après…

Devenu phénomène de société grâce à la série portée par une éblouissante Elizabeth Moss, La Servante écarlate est également devenu un classique de la littérature contemporaine.

Trente ans après le roman devenu culte, Margaret Atwood vient livrer la conclusion de cette fresque dystopique, en nous permettant de retrouver les personnages 15 ans plus tard.

Une histoire qui méritait une suite ?

Il n’est pas difficile d’être un peu sévère avec ce roman. Il faut dire que le récit original met la barre très haut en posant les fondations de Giléad.

Retrouver cet univers à nouveau couronné par le prestigieux « Man Booker Prize » était source d’excitation et de curiosité. Pourtant, impossible d’entrer totalement dedans ou du moins avec la même passion que lors de la découverte de la République de Giléad et de ses personnages. Nous sommes face à des récits dépeignant des souvenirs, mais avec peu de nouveaux éléments (hormis la connaissance plus poussée de l’intrigante Tante Lydia et les éléments liés à Nicole), et surtout une traduction m’ayant donné envie de refermer le livre plus d’une fois.

Cette suite sous forme de conclusion était-elle nécessaire ? L’exercice était d’autant plus périlleux que, succès de la série aidant, le dénouement de l’intrigue se laisse sentir dès le moment où elle est posée. Pourtant, la mise est sauvée grâce à la plume de Mme Atwood, et grâce à elle seule. Car là où le roman sent la commande éditoriale à plein nez, il n’en reste pas moins un exercice de style pour une autrice dont la plume ne laisse pas de marbre.

Plus d’une fois on regrette l’univers original, plus d’une fois le cynisme et la lucidité de Defred manquent, plus d’une fois on se demande au final pourquoi une suite. Mais plus d’une fois on salue le génie de l’autrice qui sait s’y prendre pour créer des atmosphères pesantes.

V.O. ou V.F. ?

Il est temps de pointer le principal défaut de ce roman : sa traduction.

Une note d’intention annonce la couleur, ce livre arrivant 30 ans après la sortie de La Servante écarlate, modernisons les termes ! Cette démarche a au moins le mérite de pousser le lecteur à fermer le livre pour se jeter sur la V.O. et profiter ainsi des subtilités particulières à l’écriture de Margaret Atwood. Pourquoi changer les mots fondateurs du décor ? Pourquoi soudainement renommer la république alors que ce n’est pas le cas en V.O. et que dans l’inconscient de tous il s’agit de Giléad et non Galaad ? Ceci est un exemple parmi d’autres maladresses ayant entaché ma lecture et fait regretter l’achat. C’est peut-être un détail, mais qui peut se révéler agaçant.

Quoiqu’il en soit, romans et séries ont encore de beaux jours devant eux. Car au-delà de la fiction se cache une mise en garde face aux multiples dérapages de l’humanité. Certains passages de cette histoire peuvent heurter ? Tant mieux, si cela permet d’ouvrir les yeux…

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