Péchés capitaux
Voici le récit de sept hommes venus se confesser de leurs péchés à l’abbé Savoie. Des péchés graves qui entraînent certains changements. Il y a ainsi l’histoire d’un homme avide de goûter la douce odeur de safran de l’entrejambes d’une jeune femme (Stigma diabolicum) : il le paiera cher. Flagellum fascinorum nous fait découvre un autre homme fasciné par la chute de reins d’une jeune femme en Afrique. Elle cachait une queue dans son dos, une queue qui repousse et qui fait mal… Chacun de ces personnages succombe à une tentation et le paie d’une mutation ou d’un stigmate infâmant.
Des variations et de l’inutile
Maleficium est paru initialement chez l’éditeur Alto Voce en 2011 et sort de l’imagination surprenante de Martine Desjardins, autrice de Méduse (L’Atalante, 2023). Chacun des personnages présentés succombe donc à un péché et se voit accablé d’une difformité. L’intérêt du récit est qu’on a à chaque fois l’impression d’être sur le même schéma – les personnages cherchent à mettre sous leur pouvoir la jeune femme – et d’être aussi face à une même tentatrice. Soit, pourquoi pas ? Les récits s’enchaînent avec efficacité, l’autrice montre une certaine volupté à décrire chaque stigmate reçu. C’est « weird » comme on dit au pays de Lovecraft. Est-ce utile ? Je ne sais pas. On ne sait pas au fond ce que ce livre cherche à montrer. En tout cas, c’est plutôt bien raconté et c’est déjà pas mal.
Sylvain Bonnet