L'auteur de La Collision des mondes et du très lovecraftien Gold rush, Sam Cornell, nous parle de 2026.
ActuSF : Quels sont tes projets sur 2026 ?
Sam CORNELL : Après avoir abordé aux USA les périodes contemporaines et le futur proche dans mes derniers écrits, je retourne à mon cocktail de prédilection en mixant histoire et fantastique (dans la Bretagne disputée du XIVe siècle, insurgée du XVIIIe et actuelle). Ce sont des périodes intéressantes à mêler aux légendes et au folklore breton ou des choses plus étonnantes encore. J’ai terminé une longue période de recherche documentaire. Je n’ai pas encore de titre précis en tête pour ce manuscrit, mais pendant un moment je l'ai appelé « Au nom du Père, du Fils, et du Mauvais Esprit ». On verra. Il est possible que j’écrive auparavant une nouvelle courte historique (au XIXe siècle), sous une forme particulière (et sans le moindre imaginaire). J’aime explorer différents genres et styles (comme avec « Fortune de Mer » dans l’anthologie de poésie fantastique « Les Chants des Belladones », sortie en 2025 chez Malpertuis).

ActuSF : Est-ce que tu vas avoir une / des parutions ? De quoi s’agira-t-il ?
Sam CORNELL : J’ai trois textes chez plusieurs éditeurs, de tailles très diverses (une nouvelle contemporaine, une novella fantastique, et un roman d’anticipation). Je suis tributaire de leurs avis après lecture. Je croise les doigts. L’actualité brûlante de ces derniers jours – et depuis le 20 janvier 2025 en général, offre un contexte de parution idéal pour « Terre Promise » qui, entre autres choses, traite de la prédation des ressources naturelles par les grandes puissances. La novella propose une autre incursion dans une ambiance lovecraftienne, avec un personnage central féminin pour changer, une journaliste du Boston Globe partie à la recherche de son frère disparu. Quant à la nouvelle, c’est dans le cadre d’un appel à textes. Elle ne comporte pas d’éléments fantastiques.
ActuSF : Et quelles seront tes prochaines dédicaces ?
Sam CORNELL : En général, je reprends la saison des salons avec la Foire du Livre de Bruxelles, fin mars. Ensuite, il y a souvent plusieurs dates en Bretagne (Ouest-Hurlant, Sirennes ou Mystériales). Nous attendons avec l’une de mes maisons d’édition les réponses aux inscriptions. Et puis, bien sûr, les Imaginales, l’événement incontournable du printemps.
ActuSF : Est-ce que l'imaginaire peut avoir un effet sur le réel ? Et si oui comment ? (Doit-il essayer d'en avoir un d'ailleurs).
Sam CORNELL : Je n’ai jamais pensé qu’un livre pouvait changer le monde, et d’autant plus s’il s’agit d’une fiction. Lorsque, dans l’histoire, des textes ont eu ce pouvoir, ils ont souvent causé des millions de morts au nom d’une idéologie ou d’une autre. En revanche, je conçois plus les romans d’imaginaire comme un puissant élément de réflexion personnelle, de prise de conscience. L’anticipation et la science-fiction, par exemple, parlent autant du futur que du présent, dont elles se nourrissent. « 1984 » de George Orwell, n’a pas eu d’effet sur le réel (ou alors insidieusement chez certains régimes totalitaires), mais il est depuis longtemps une référence indiscutable sur l’usage des technologies et de la manipulation du langage sur le conditionnement des peuples.
