L'année a été riche du côté de la bande dessinée. Voici trois albums d'imaginaire que vous pouvez dévorer cet été !
Et l’on commence avec un de mes auteurs préférés en bande dessinée, il s'agit de Nicolas Dumontheuil qui fait ces jours-ci son grand retour avec un album que j'attendais particulièrement, Gunnar Le Vampire ! Un beau bébé de 272 pages qui raconte la vie d'un petit village qui a sa mairie, son église et... son vampire. Gunnar loue une aile du château en toute transparence, au vu et au su de tout le monde. Et ce depuis fort longtemps, puisqu'il a un peu plus de 600 ans. Évidemment, il y a bien quelques mauvaises langues qui voient en lui une créature du diable, mais enfin, qu'est-ce qu'une poule ou deux saignées à blanc contre un peu de tranquillité ? Nicolas Dumontheuil est un auteur important du monde de la bande dessinée, d'abord pour les histoires qu'il choisit, souvent des comédies un peu décalées tout à fait réjouissantes et profondes, mais aussi pour son trait si particulier, si reconnaissable. Ils ne sont pas si nombreux ceux et celles que l'on identifie par leurs dessins. Tout est à l'encre de Chine et d'une précision folle. Gunnar le vampire est une réussite !

Côté science-fiction, la belle surprise de ces dernières semaines s'appelle Asphalte Sauvage d'Anne Masse au Label 619. Asphalte Sauvage, c'est l'histoire de deux jeunes qui se rencontrent dans un monde totalement dévasté. Elle vient d'une tribu disparue qui considérait la lecture comme dangereuse parce qu'ayant provoqué la fin de l'humanité. Lui a grandi avec un vieil homme qui lui a appris la lecture dans des livres pour enfants. Et ensemble, ils vont devoir se comprendre, et essayer de survivre. Un vrai album post-apo comme on aime, tout en noir et blanc et avec une touche de jaune. C'est un monde aride, sec, désespéré, mais aussi plein d'humanité. Une belle découverte.

Et on termine un polar un peu spécial : Frankenwood de Darko Macan et Igor Kordey chez Dupuis. C'est une histoire assez étrange. On est en 1963 et on croise un détective privé qui ressemble comme deux gouttes d'eau au légendaire Humphrey Bogart. Il doit enquêter sur la mort du petit ami du sosie de Marilyn Monroe, qui lui-même, était acteur, le premier interprète de Superman. Dans cet univers-là, les studios ressuscitent les acteurs et actrices stars. Ce serait dommage de ne pas pouvoir les faire tourner encore et encore. Sauf que ça ne marche pas très bien. Les ressuscités ont du mal à faire la différence entre leurs personnages et qui ils sont réellement, entre la vie et la fiction. Le résultat est un album de rétroscience-fiction doublé d'un polar, qui joue avec la réalité en permanence. On est un peu bousculé. C'est assez étonnant, et donc forcément indispensable !
