Après "John Howe artbook" et "Florence Magnin artbook", la troisième monographie est consacrée à l’un des grands maîtres de l’illustration de science-fiction : Philippe Caza. Dix-huit ans après la parution de son dernier livre d’art, Philippe Caza nous propose un ouvrage détaillé, riche de ses nouveautés et de ses illustrations emblématiques. Découpé en chapitres, chacun dédié à un aspect de son œuvre, l’ouvrage s’attarde sur les illustrations qui ont jalonnées sa carrière, depuis les couvertures de romans de fantasy et de science-fiction, jusqu’aux bandes dessinées, pochettes de CD, jeux de rôle et films d’animation. Le livre d’art retrace également ses premiers travaux et ses œuvres personnelles, et propose une longue interview qui permet de revenir, avec l’illustrateur, sur les moments clefs de sa carrière. Les 216 pages du livre d’art, ainsi que son grand format, permettent une immersion complète dans les univers foisonnants de Philippe Caza, peuplés de robots et de créatures fantastiques.
Un parcours impressionnant
Philippe Caza est un monument, même si je pense qu’il détesterait être qualifié de la sorte ! d’abord connu pour ses histoires parues dans Pilote et Métal Hurlant (il participe d’ailleurs à la récente relance du magazine), Caza a aussi travaillé dans l’animation, notamment auprès de René Laloux pour Les hommes machines contre Gandahar, d’après le roman éponyme de Jean-Pierre Andrevon, puis pour Les enfants de la pluie. C’est aussi un artiste de bande dessinée, avec la série du monde d’Arkadi. Et puis il y a ces illustrations…
De la littérature et des jeux de rôles
Caza est, avec Siudmak et Manchu, un des grands illustrateurs de couvertures de la SF : les amateurs le connaissent pour sa double couverture poche (chez J’ai lu) du Troupeau aveugle de John Brunner, puis pour les innombrables couvertures consacrées à l’univers d’Asimov. On les retrouve dans cet artbook qui rassemble 530 illustrations : du grand art ! On retrouve aussi des illustrations pour des jeux de rôles, notamment L’appel de Cthulhu : non joueur, Caza raconte avoir contacté les éditions Descartes après que ses enfants lui aient montré une illustration du jeu très inspiré de son travail… Ses illustrations pour les jeux vidéo sont aussi présentes. Un entretien avec l’auteur en début de volume permet aussi de lire Caza dans le texte, émouvant quand il évoque son amitié avec Moebius.
Tout simplement magnifique !
Sylvain Bonnet