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Les coups de coeur de Jean-Luc Rivera pour Le Test de Rungholt et Laurent Genefort et The Irresistible Urge to Fall for Your Enemy de  Brigitte Knightley
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Les coups de coeur de Jean-Luc Rivera pour Le Test de Rungholt et Laurent Genefort et The Irresistible Urge to Fall for Your Enemy de Brigitte Knightley

Avec « Le Test de Rungholt » (Albin Michel Imaginaire), Laurent Genefort revient à cette SF qui nous pose la question classique, comment réagirions-nous au contact de civilisations galactiques bien plus avancées que la nôtre ? C’est aussi la question que se pose les responsables de la Mosaïque, cet ensemble de milliers de civilisations, et, pour y répondre et éviter toute erreur, ils ont mis au point un test : une ville terrienne a été choisie pour être la ville-test. Elle est mise littéralement sous cloche pour vingt ans, sans plus de contact avec le reste de la Terre, ses habitants interagissant avec les milliers d’ET divers qui y viennent pour visiter, faire des affaires, parfois plus ou moins licites, bref, tous les échanges normaux y compris sexuels. Comme on sait qu’il y aura inévitablement des morts, un élément important est l’Institut médico-légal, bénéficiant d’un équipement ultra-sophistiqué, dirigé par Ingrid Belloc, médecin-légiste extraordinaire par ses intuitions, dotée d’une empathie et d’un sens de la diplomatie égaux à zéro, une sorte de jumelle de Temperance « Bones » Brennan dans la célèbre série télévisée. Elle travaille avec l’inspecteur Mendoza, policier bourru, et D’jee’r, leur agent de liaison ET, afin de résoudre les énigmes posées par chaque mort, pour déterminer s’il s’agit d’une cause naturelle, d’un accident ou d’un crime.

Elle va vite découvrir que les jeux politiques, terriens ou ET, ont un rôle essentiel et que chacun poursuit son propre but. Au travers des diverses affaires qui se présentent, Ingrid Belloc va devoir ne pas renier ses principes éthiques et sa passion pour l’étude des organismes ET tout en essayant de louvoyer entre la maire aux longues dents de Rungholt et certains représentants ET. Laurent Genefort nous donne ainsi un roman passionnant, tout à fait original dans son approche, avec des scènes d’autopsie extraordinaires sans jamais sombrer dans le gore (il a bénéficié des conseils avisés d’Antoine Tracqui pour cela ainsi que de ceux de Fabrice Chemla pour l’aspect biochimique), et des enquêtes toujours passionnantes car rien ne répond à notre logique et à notre biologie humaine, avec une galerie d’ET tous plus divers surprenant les uns que les autres.

Sans doute l’un des romans de SF les plus originaux que j’ai lu depuis longtemps, à lire impérativement !

Comme j’aime bien les lectures différentes et parfois décriées, je viens de me régaler à lire « The Irresistible Urge to Fall for Your Enemy » - comme beaucoup je trouve particulièrement agaçante cette mode actuelle de ne plus traduire les titres anglais en français – de Brigitte Knightley (Calix). Dans une Angleterre toujours divisée en une dizaine de petits royaumes inspirés des anciens royaumes anglo-saxons, les Tiendoms, concurrents, et soumise à l’influence de huit Ordres spécialisés utilisant le « seith » (une sorte de magie que tout le monde a à un degré ou un autre) et tout aussi concurrents, tout ce petit monde se faisant des coups fourrés tout en maintenant une trêve apparente. L’histoire débute lorsque Osric Mordaunt, le plus doué des assassins de l’Ordre Fyren, découvre qu’il est atteint d’une maladie le privant petit à petit de son seith, ce qui équivaut à une condamnation à mort car son ordre élimine les membres qui ne sont plus au niveau. Il va donc devoir se faire soigner en cachette, et seule la plus grande des guérisseuses de l’Ordre Haelan (ennemi juré du Fyren car eux sauvent les vies au lieu de les ôter), Aurienne Fairhim peur le faire. Comme, suite à un accord secret, il va donner de manière anonyme une somme colossale à l’Haelan pour financer leurs recherches sur une maladie d’origine inconnue qui décime les enfants, Aurienne va le soigner à son corps défendant. Bien entendu, ils se détestent et se méprisent mutuellement mais ils ont un but commun, guérir Osric, et, petit à petit, ils vont découvrir qu’il y a d’autre intérêts en jeu, bien plus importants que les leurs tout en voyant leur relation se modifier au fur et à mesure qu’ils se découvrent l’un l’autre.

Le roman est extrêmement drôle, plein d’humour, y compris dans les descriptions de maladies et et de blessures horribles, avec une intrigue bien menée (outre la romance il y a une vraie histoire), dans un monde mélange de magie et de technologie équivalente à celle de notre fin du XIXème siècle, et de très bonnes idées comme la manière de se déplacer instantanément en utilisant les « ley lines », ces courants telluriques ici appelés « pierrevoies », dont les points d’accès sont marqués par des menhirs couverts de runes et toujours situés à côté d’un pub !

En ces temps de stress international et domestique, voici un excellent roman pour passer un bon moment, tout oublier en s’amusant bien. J’avoue être impatient de lire la suite et fin de ce diptyque.

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