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Neuromancien

Jean Bonnefoy (Traducteur), William Gibson ( Auteur), Barclay Shaw (Illustrateur de couverture)
Aux éditions :   -  Collection : 
Date de parution : 30/11/99  -  Livre
ISBN : 2277223255
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Nathalie   - le 20/09/2018

Neuromancien

Né en Caroline du Sud, William Gibson émigra pour le Canada à l'âge de 19 ans. Il commença à écrire lors de ses études mais avant Neuromancien n'avait publié que quelques nouvelles. Quand ce roman d'un inconnu sortit, en 1984, il fut accueilli par la critique américaine comme un texte d'un nouveau genre qui rendait le reste de la science-fiction obsolète. L'appellation cyberpunk fut lancée même si l'auteur ne la reconnaît pas. Ce livre fondateur rafla plusieurs prix prestigieux : Hugo, Nebula...

Les deux livres suivants (Comte Zéro et Mona Lisa s'éclate) se situent dans le même univers que Neuromancien. Il a quitté cet univers hautement technologique et cynique pour collaborer avec Bruce Sterling sur La machine à différences (1990). Avec Idoru, en 1996, il a à nouveau utilisé le Japon comme toile de fond.

Il proposa un script pour Alien 3 mais on préféra celui de Larry Ferguson et David Giler. On lui doit également le scénario de Johnny Mnemonic et en tandem avec Maddox le scénario d'un épisode d'X-Files. Sa nouvelle New Rose Hotel a été portée à l'écran par Abel Ferrara en 1998.

Avec Pattern recognition (février 2003, non traduit pour l'instant), Gibson explore l'usage de l'informatique telle qu'on la pratique aujourd'hui à Londres, à Tokyo et en Russie. Le personnage principal a été personnellement touché par les attentats du 11 septembre puisque son père est porté disparu. Après avoir anticipé des lendemains déchanteurs, Gibson exploite la noirceur de la réalité présente.

Dans les nœuds de la Toile

Jeune virtuose du cyberspace, Case a commis l'erreur de doubler son employeur. En représailles celui-ci lui a endommagé le cerveau avec une mycotoxine russe, vestige de la guerre. Depuis, il erre dans la cité de la nuit, à Chiba, cherchant par les drogues à retrouver les sensations qu'il avait expérimentées dans la matrice. Un mystérieux Armitage secondé par Molly lui propose de reprendre du service et de récupérer en échange toutes ses facultés neurologiques. Quand il accepte le deal, il se retrouve lié à une drôle d'affaire dans laquelle il est difficile de démêler qui contrôle qui. Muetdhiver, l'IA que Case a tracée jusqu'à Berne, à quel point le berne-t-elle ? Y a-t-il une autre volonté qui puisse contrecarrer la sienne ?

Laissez libre court à vos projections

La langue est inventive les dialogues très familiers sont fluides et enlevés, et les métaphores les plus incongrues ponctuent le récit. Les propositions s'enchaînent, souvent sans verbes comme un afflux d'informations. La tension est constante parce que Case progresse au fur et à mesure de ses plongées dans la matrice et des déplacements et investigations physiques dans l'arborescence des réseaux.

L'histoire imaginée il y a plus de 20 ans a plutôt bien vieilli, l'imaginaire cyberpunk (et notamment celui développé par le cinéma américain dans des films tels que AI, Minority report) n'a guère dépassé les balises déposées par Gibson. Le roman a inspiré un jeu vidéo et un roman graphique mais son adaptation à l'écran est un véritable feuilleton : les droits ont été revendus de nombreuses fois et les projets semblent avoir été freinés par l'échec de Johnny Mnemonic en 1995. Alors en attendant de retrouver Case dans une salle obscure, découvrez le roman d'un grand neuromancier et laissez libre court à vos projections.

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