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Jean-Philippe Jaworski et 2026
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Jean-Philippe Jaworski et 2026

Le génial auteur de fantasy nous raconte son année !
 
"En 2026 va paraître une réédition légèrement augmentée du cycle Rois du monde chez Denoël, dans la collection Lunes d’encre. Il s’agit de Même pas mort et des trois tomes de Chasse royale qui paraîtront à un rythme trimestriel. Cette réédition prépare la publication de la suite, qui est inédite et qui est prévue en 2027. Cette troisième branche de Rois du monde, intitulée La Grande Jument, formera une trilogie. J’en ai déjà écrit le premier tome, je suis en train de composer le second et ce travail m’occupera en 2026. On y suivra l’entrée dans l’histoire de Bellovèse qui, en quittant la Celtique, va rencontrer des dieux et des peuples étrangers dans l’Europe archaïque.
 
Mon planning de dédicaces est encore en cours d’élaboration. J’aurai une séance de signatures dans une librairie parisienne au moment de la réédition de Même pas mort et j’ai été invité à donner une conférence à la Sorbonne au printemps, mais les dates restent à définir. Comme chaque année, je serai présent aux Imaginales.

Actusf : Et ma question bonus :) Est-ce que l'imaginaire peut avoir un effet sur le réel ? Et si oui comment ? (Doit-il essayer d'en avoir un d'ailleurs).
La question bonus est à tiroirs !
L’imaginaire peut bien sûr avoir un effet sur le réel. Pour s’en persuader, il suffit de voir la façon dont les technolibertariens ont (hélas !) récupéré et/ou détourné l’imaginaire SF et l’imaginaire fantasy… La récente activité  d’une Red Team Defense prouve également que l’Etat Major des Armées et la Direction Générale de l’Armement voient une dimension prospective dans l’imaginaire.

Personnellement, sauf exceptions, je ne suis pas certain que l’imaginaire ait une grande faculté prédictive, hormis certaines prédictions auto-réalisatrices. En revanche, en tant que révélateur et producteur de représentations collectives, l’imaginaire est un vecteur culturel à même d’orienter les idées et le débat public, et par conséquent d’agir sur la société. C’est en ce sens qu’il exerce une action sur le réel.


L’imaginaire doit-il essayer d’avoir une action sur le réel ? Je me méfie du verbe « devoir » dans le champ artistique. Loin de moi l’idée de rejeter l’art engagé (il m’est d’ailleurs arrivé de produire des fictions engagées), mais disons que je suis globalement d’accord avec Tolkien qui se méfiait énormément de l’allégorie et lui préférait l’applicabilité. Par allégorie, il entendait la fiction axiologique ou idéologique qui instrumente le récit au service d’une thèse univoque, restreignant de ce fait la liberté interprétative du lecteur. Par applicabilité, il faisait référence à la plasticité du mythe, qui, offrant une grande liberté d’interprétation au public, confère sa polysémie au récit. Globalement, dans ma pratique d’écrivain, je penche plutôt pour l’applicabilité qui, sans rompre avec le réel, donne à l’imaginaire une plus grande autonomie."

Photo : Wikipédia

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