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Date de parution : 02/07/2020
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Les cavernes du sommeil

L’un des auteurs les plus intéressants à être apparu dans le paysage littéraire anglais des années soixante-dix a certainement été Richard Cowper. Ses romans et nouvelles échappaient bien souvent aux clichés grâce à l’attention portée aux sentiments de ses personnages et à une approche plus poétique que celle de nombre de ses confrères. En témoignent surtout les trois volumes de sa fabuleuse série L’oiseau blanc de la fraternité. Les cavernes du sommeil est un texte qui précède de quelques années La route de Corlay, premier tome de la série, et marque les débuts de l’auteur dans la science-fiction, après quelques tentatives dans le domaine d’une littérature plus générale. On y retrouvera avec plaisir certains de ses thèmes de prédilection : le moyen-âge, les religions ésotériques, et l’espoir de jours meilleurs…

L’amour est un sentiment ridicule !

Barde Cecil est amoureux. Malheureusement, la dame de ses pensées vient de partir rejoindre son époux sur Mars, alors que le pauvre Barde doit rester sur Terre. De plus, le jeune homme est en bute à une adversité des plus coriaces car, au vingt-quatrième siècle, être amoureux est considéré comme un état d’esprit d’une impardonnable grossièreté… Une seule solution s’offre à lui : faire appel aux services des Cavernes du Sommeil, une honorable entreprise qui, pour une somme conséquente, conservera notre héros en animation suspendue aussi longtemps qu’il pourra s’en payer le luxe. Barde en prend pour trois ans, à l’issue desquels il doit toucher un important héritage qui devrait lui permettre de séduire sa belle. Seulement, rien ne se passe comme prévu et il ne s’éveillera que bien après la date prévue… Très longtemps après, et dans un monde qui présente bien des points communs avec une fin d’empire Romain où les prêtres possèdent d’étranges pouvoirs, Barde reprend conscience…

Une fois de plus, l’avenir appartient au passé…

Voilà un livre qui se dévore d’une seule traite ! Une courte première partie expose les raisons de la mise en hibernation du héros, et ironise sur un type de société qui pourrait bien devenir la nôtre un jour prochain, suivie d’une seconde partie qui reprend le monde à une époque où beaucoup restait à inventer : un empire moyenâgeux dans lequel la révolution industrielle n’est même pas encore une vague idée… A travers les mésaventures de Barde, Richard Cowper fait découvrir au lecteur une partie de ce monde étranger avec une habileté consommée, et on passe sans heurt du futur glaciale des premiers chapitres à une ambiance faite de complots et de magie qui ne déparerait nullement dans un ouvrage de fantasy. Seule la fin semble un peu précipitée et laisse espérer une suite, mais cela n’a absolument rien de rédhibitoire car on peut incontinent se jeter sur la trilogie de L’oiseau blanc de la fraternité, dont l’atmosphère n’est pas très éloignée de celle de Cavernes du sommeil… Et l’archiviste replie la dernière page en soupirant une fois de plus : mais pourquoi Diable cet excellent opus est-il tombé dans l’oubli ? Comme d’habitude, la réponse se trouve probablement dans une autre dimension…

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