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Date de parution : 18/07/2019
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Les meurtres de Molly Southbourne

Écrivain de l'imaginaire, d'origine nigériane, Tade Thompson est un psychiatre anglais, dont on commence à peine à découvrir le travail littéraire en France. Cette découverte, nous la devons au formidable travail de l'équipe du Bélial' et de la collection Une Heure-Lumière qui met à l'honneur pour son 18ème volume cet auteur avec Les meurtres de Molly Southbourne. Notons que dans la collection Nouveaux Millénaires de J'ai Lu on peut découvrir Rosewater, roman du même écrivain.

Une enfance isolée et solitaire.

Molly Southbourne grandit avec ses deux parents dans une ferme, à l'écart de l'intense activité de la ville, et à l'écart aussi de toute relation sociale. L'école se fait à la maison, et le temps libre est comblé par les activités de la ferme et la lecture. C'est sa mère, une ancienne espionne, qui se charge d'enseigner tous les domaines à sa fille.

Ne saigne surtout pas !

Molly a une étrange malédiction : à chaque fois qu'elle saigne, si elle ne prend pas garde à parfaitement nettoyer et brûler les restes de son sang, une autre Molly apparaît. C'est un être quasi-identique à elle-même, qui, après un laps de temps irrégulier, tente de tuer la Molly d'origine. Molly n'a d'autres choix que de défendre chèrement sa peau, et de tuer ces entités dès son plus jeune âge.

Mais qu'en est-il de ce phénomène? Qu'est Molly? Il lui faudra quelques années pour commencer à toucher du doigt des éléments l'aidant à avancer...

Un texte court horrifique et violent.

Tade Thompson fait du sang de Molly son pire ennemi. Comme une maladie qui se propage dans nos veines, Molly doit se battre contre elle-même pour survivre au quotidien. Et c'est un tour de force que réalise l'auteur : ce roman court est rythmé par les rencontres avec les Mollys, l'incompréhension croissante du personnage central, sa soif d'émancipation, ses erreurs aussi... Tade Thompson explore des thèmes multiples allant de la détestation de soi-même, les envies morbides et mortifères, jusqu'à la sexualité. C'est riche dans un texte aussi court. Et on reste agréablement surpris par le peu d'explications qui laissent la part belle à l'imagination du lecteur, avec quelques suggestions orientant nos réflexions.

Pour clôturer ce texte, on retrouve un entretien avec l'auteur qui nous aide à comprendre qu'absolument aucun détail n'est laissé au hasard dans ce récit, que chaque citation, chaque référence à des œuvres existantes, ne sont que des indices déposés çà et là. Donnant ainsi envie d'aller plus loin dans l'analyse et la compréhension de l’œuvre...

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