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Jack Vance - Nouvelles - Tome 1 : 1945-1954

Jack Vance (Auteur), Pierre-Paul Durastanti (Traducteur, Anthologiste)
Aux éditions : Collection :
Date de parution : 28/02/2019  -  livre
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Nouvelles 1945 - 1954

Sur un site dédié à la SF, est-il vraiment nécessaire de présenter l’auteur ? Écrivain du Cycle de Tschaï, de La Terre mourante, La Geste des princes démons, Planète géante, Miro Hetzel, et tant d’autres immenses livres du registre, Jack Vance est un monstre de la science-fiction dont l’œuvre a été récompensée de multiple fois. Il a exercé, et exerce encore surement, une influence considérable sur d’autres auteurs, et d’autres œuvres, de science-fiction. Et il est fort à parier que cela continuera pour encore quelques temps. Ce romancier et nouvelliste a une bibliographie à faire baver plus d’un fan tant elle est riche et diverse. Et alors que les romans sont facilement identifiables chez nos libraires préférés, il fallait reconnaître que les nouvelles hors cycles n’étaient pas toutes disponibles car pour la plupart éparpillées dans de multiples anthologies, voire non traduites en français. Le Bélial’ se lance dans le travail fastidieux de rassembler ces dizaines de textes (61 pour être exact) pour offrir aux lecteurs de l’hexagone et autres amateurs francophones un recueil, qui, en plus d’être complet, est particulièrement esthétique.

Ce premier tome de l'intégrale des nouvelles qui en comportera deux, est le nouveau venu de la collection Kvasar. Ce tome couvre la période de 1945 à 1954, et regroupe 34 textes. Le second tome quant à lui couvrira la période allant de 1955 à 1982 (et on me souffle dans l'oreillette qu'il serait déjà disponible en pré-commande sur le site de l'éditeur!). Sans équivalent sur le territoire français, Le Bélial' offre aux lecteurs dans seulement deux tomes l'ensemble des nouvelles hors cycle de Jack Vance, et simplifie grandement leur accès au commun des mortels.

Un objet splendide

Le travail de l’équipe du Bélial est remarquable. L’objet, fort de son millier de pages, est splendide ! La couverture de Guillaume Sorel se laisse découvrir à l’ouverture complète du livre : un somptueux panoramique qui fait honneur aux mondes imaginés par l’auteur, et qui s’inscrit d’ailleurs dans l’un des textes du recueil. Si le papier peut sembler quelque peu trop fin, il faut reconnaître que le parti pris éditorial me semble adapté : inutile d’alourdir encore plus ce pavé qui fait déjà un poids d’un âne mort honorable. L’ensemble transpire la qualité de fabrication. Quant à son format, il reste identique à ses prédécesseurs de la collection Kvasar, et en impose dans toute bibliothèque digne de ce nom. Mais que trouvons nous dedans ?

34 textes, un mélange de nouvelles, de longueurs inégales, et de novellas voire de courts romans. Remarquons et signalons la présence de 4 textes inédits en France, et une révision des précédentes traductions pour les autres textes. Cette révision était la bienvenue pour rendre les textes plus accessibles et contemporains. Et il faut signaler à ce niveau le travail qualitatif réalisé notamment par Pierre-Paul Durastanti.

Il est terriblement agréable de suivre l'évolution de Jack Vance par ses nouvelles

Cette édition intégrale des nouvelles (hors cycles) de Jack Vance, la plus complète disponible, est un must-have pour tout fan qui se respecte. Mais l’est tout autant pour les amateurs qui désirent découvrir cet auteur : les univers foisonnants et colorés de l’auteur se redessinent à chaque texte. Les héros, extraordinaires, vancéens si j’ose dire, valent le détour. Les premières nouvelles, pour certaines de moins bonnes qualités (nous sommes au début de la carrière d’écrivain de l’auteur, soyons indulgent !) nous permettent de voir que dès les premiers textes le style vancéen existait déjà tant dans l’imaginaire proposé que dans la construction et le développement des personnages, sans même parler de l'ambiance à chaque texte. On ne peut sortir qu’hébété d’une telle lecture, et d’une telle proposition littéraire qui nous est faite par Le Bélial’. Force est de constater qui plus est qu'il est terriblement agréable de suivre l'évolution d'un auteur à travers l'évolution de ses textes. Et on y découvre d'ailleurs avec plaisir le talent mis au service d'intrigue de polar, registre exploré par cet auteur mais moins mis en avant par les éditeurs. Registre que l'on avait pu redécouvrir à l'occasion de la sortie des deux textes constituant Miro Hetzel chez le même éditeur.

Presque 6 ans après la disparition de Jack Vance Le Bélial’ comble un manque dans l’offre littéraire, et rend finalement un bel hommage à ce géant des littératures de l’imaginaire. On ne peut que s'incliner face au travail réalisé, et bien évidemment face à la qualité des textes offerts par l'immense Jack Vance. Plus d'un demi siècle nous sépare de l'écriture de ces nouvelles, et on ne peut qu'être frappé de l'actualité de certaines, signe s'il en faut que lire Vance en 2019 est encore une nécessité.

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